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Paris en 1380 : plans de restitution ; histoire générale de Paris / par H. Legrand
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PARIS EN 1380.

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toujours par une passerelle en Lois, qui se nomme la Planche de Mibray, et quiaboutit au tronçon de la grande rue Saint-Martin, auquel elle a donné son nomjusque dans ces derniers temps; le palais des Tournelles nest que lhôtel ou lelogis dOrgemont (l) , etc. Cest aussi vers ce temps que se déroule la vie brillantede lUniversité, que les colleges sétablissent, et que les rues avoisinantes se rem-plissent de maisons ou dhôtelleries, pour recevoir les étudiants^. Tandis quequelques vieux hôtels demeurent encore, avec leur caractère particulier, commedirrécusables témoins du passé on voit, dans la Cité et dans la Ville, les grandsîlots se partager en petites maisons de produit.

(l) Au commencement du xv e siècle, on relevaitle pont Notre-Dame, celui- même qui sécroulaen 1/199; le palais des Tournelles commençait à seformer de plusieurs propriétés contiguës. Les palaisdu roi étaient : dabord le Louvre, quil venait derebâtir ou plutôt de restaurer et dagrandir; en-suite lhôtel Saint-Paul, placé entre la rue Saint-Antoine et la Seine , en dehors de lenceinte dePhilippe-Auguste, et mêlé aux terrains de la GrangeSaint-Éloy. Cest pour cela que ce quartier se peu-plait dhôtels, qui appartenaient aux seigneurslaïques et ecclésiastiques suivant la Cour. Au reste,il ne faudrait pas croire que l'hôtel Saint-Paul eûtla figure des hôtels ou des palais que nous voyonsdepuis le xvn e siècle. Il était difficile alors dache-ter, à cause des remplois auxquels la loi féodale obligeait les possesseurs ; le roi lui-même ne pou^vait se soustraire à lexécution de cette loi. LhôtelSaint-Paul se composait donc de plusieurs maisons,accolées au corps de logis principal, et accompa-gnées ou entourées de grands jardins, lesquelsétaient ornés de treilles posées sur des berceaux encharpente ou en menuiserie, suivant le goût dutemps. On y voyait, en outre, des bassins alimentéspar des puits, des arbres fruitiers et des parterresémaillés de couleurs obtenues par la dispositionvariée des herbes et des plantes, art qui fut alorspoussé assez loin. Les jardins des seigneurs de Por­ tugal étaient encore cultivés et ornés de la mêmefaçon, il y aune quarantaine dannées; on y taillaitles arbres verts de telle manière quils navaientplus laspect de ceux de leur espèce : telle était lascience des jardins aux xiv e et xv e siècles.

( 5 i LEspagne , qui est restée stationnaire, aconservé ses casas de huespedes ou de püpilos, quinétaient et ne sont point des hôtels garnis, et quireprésentent exactement les anciennes maisons

détudiants à Paris . Nous ne parlons ici que desétudiants libres allant aux écoles; les boursiers lo-geaient et étaient entretenus dans les collèges defondation. Mais, comme pour obtenir ces boursesils devaient subir des examens, il fallait bien quilssuivissent des cours avant de se présenter pour lesbourses; de les hôtelleries de tout prix et detoute nature, qui, avec les librairies et les collèges,composaient le quartier des Écoles.

(3) La plupart des collèges, qui couvraient le ver-sant septentrional delà montagne Sainte-Geneviève,ont été placés dans danciens hôtels, notamment lesîlots de la Sorbonne, dHarcourt et du mont Saint-Hilaire. 11 est probable que les fondateurs logèrentdabord les écoliers dans les communs, et que cefut seulement plus tard que lon commença à re-construire et à approprier les bâtiments de ceshôtels à leur nouvelle destination. Le collège de Navarre fut bâti cependant dès le moment de safondation, et celui de Beauvais , fondé dans la ruedu Clos-Bruneau (depuis rue Saint-Jean-de-Beau-vais) par le cardinal de Dormans, fut immédiate-ment approprié, par le fondateur et ses exécuteurstestamentaires, à côté du collège de Presles. Onconstruisit, vers 1678, la chapelle élégante quiexiste encore, avec son revesliaire ou trésor, et lony ajouta les grands bâtiments qui donnaient sur larue Saint-Hilaire (aujourdhui rue des Carmes).On y engloba plus tard une maison des Carneaux(des créneaux), qui en était voisine, dans la partiesupérieure de la rue Saint-Hilaire. Mais ces col-lèges étaient fondés par une princesse et par unministre, et tous notaient pas construits avec celuxe et cette grandeur. En elfet, le collège de Beau-vais fut construit sous la direction de maître Rav -

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mond du Temple, architecte juré du roi Charles V et de Noire-Dame.