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Paris en 1380 : plans de restitution ; histoire générale de Paris / par H. Legrand
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PLANS DE RESTITUTION.

Ce morcellement se comprend : an moment il se fit, le revenu immobilierétait tout, quil se présentât sous forme de loyer ou de cens; le marchand et lar-tisan étaient «en louaigen ou en censive. La bourgeoisie toutefois sempressa dac-quérir, dès que les propriétaires terriers commencèrent à aliéner pour payerleur luxe. Les croisades avaient provoqué ce mouvement; les guerres civiles etla résidence dans les villes le précipitèrent. On comprend que, un siècle après,la Ville ait pris un autre aspect : des quartiers nouveaux avaient recouvert les cul-tures et les marais ; lancienne enceinte était en vahie par les maisons voisines ô), etse trouvait même démolie en certains endroits. Les collèges qui, en i38o, occu-paient simplement les hôtels ou les maisons qui leur avaient été donnés, et sedistinguaient à peine des autres îlots, devenaient des édifices à part, plus régu-liers, munis chacun de sa chapelle plus ou moins monumentale ( 1 2) . Laspectchange donc, abstraction faite du style architectural des édifices, que notre échelle,nécessairement réduite, ne permettrait pas dapprécier.

coupd'œiigénérai On a dit que larchitecture et les arts dun peuple écrivent son histoire vraie,

sur

ie Paris du moyen dgc et expliquent ou justifient certaines parties obscures de la vie publique; cette-

(996-i5i4).

rité tend à devenir de moins en moins contestable. Quelle que soit la directionimprimée aux études des architectes ou des artistes, ils seront toujours forcés deconstruire et de décorer les maisons selon les nécessités du temps. Lécrivain peutdissimuler, mentir même ; larchitecte, et parfois le peintre, le sculpteur, ne le peuventguère, parce quil leur faut le concours de trop de volontés et lemploi dun tropgrand nombre de moyens pour agir en toute liberté. Plus on entrera, sans sys-tème préconçu, dans les détails de la période du moyen âge (période quon peut

(1) De ce fait que les murs et les tours de len-ceinte de 1211 furent promptement envahis par lespropriétés voisines, il ne faut pas inférer que lajouissance impliquait la propriété ; nullement. L chevinage , ou plutôt le Bureau de la Ville, louait cesplaces et en percevait soigneusement les revenus,aussi bien sur la rive gauche que sur la rive droite.Il affermait môme les places vagues, qui avaientservi de dégagement aux portes ou aux tours, ouqui provenaient de délaissements. On voit que cescoutumes et ces droits tacites de la Ville se sont per-pétués et conservés, presque avec les mêmes for-malités.

(2) Pour se rendre bien compte de laspect duquartier de lUniversité, rempli décoles, de col-

lèges et d églises, il ne laut pas oublier que, à cetteepoque, tout clerc était ou devenait prêtre, et quilest tout simple que les fondateurs, aussi bien queles professeurs, aient tout dabord pensé aux besoinsspirituels des écoliers. La plupart des clercs et desdignitaires de lUniversité sortaient du peuple, ets ennoblissaient par la tonsure et la robe de doc-teur. Il nest donc point étonnant que, se voyantlibres de parler et décrire, de prêcher et densei-gner surtout, ils aient parfois dépassé le but deleur institution, et soient devenus, eux clercs etsoumis à lÉglise, les premiers promoteurs desmodifications dopinions et de croyances qui, danslordre matériel, amenèrent les transformations desédifices et des cités.