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tout établi ses ports, ses entrepôts et ses magasins. Tous ces petits ilôts, de formecarrée, qui bordaient notamment le quai des Ormes, en arrière de la rue de laMortellerie (aujourd’hui de rHôtel-de-Ville), étaient, à cette époque, autant dechantiers, de magasins, d’entrepôts, appartenant, en propriété ou en location, àdiverses sociétés de marchands ou de constructeurs.
C’est au moyen âge qu’il faut chercher l’origine de ces associations où Tinté- Le commerC e.rôt est proportionnel à la mise : le banquier c’était le Lombard; le prêteur c’étaitle Juif. Si nous étudions topographiquement les situations respectives des habi-tations où s’établissent ces industries, nous voyons les Lombards à proximité desGrandes-Halles et de la Porte-Paris, tandis que les Juifs ont toujours habité leBeau-Bourg, le Bourg-Thiboust (rue Bourtibourg) et la vieille rue du Temple.
En ce qui concerne la physionomie des rues et des maisons, nous devons faire nues et maisons,une observation générale. Les constructions antérieures au xv e siècle ont toujourseu peu d’ornements à l’extérieur. Sans aucun doute, les maisons d’artisans étaient,comme celles qu’on voit encore dans les vieux quartiers, composées de moellonset de plâtre, sur un soubassement en pierre de taille relié par un poitrail; laboutique se fermait par un châssis, à coulisses horizontales ou verticales, avec unauvent se repliant par en haut. A Paris , où les appuis sont en pierre, on rabatrarement le bas du contrevent, comme on le fait dans les villes à maisons enbois. Les baies sont percées à nu dans le mur, sans chambranle ni moulure W.
C’est encore la méthode usitée aujourd’hui, dans une certaine catégorie de maisonsà bon marché. Ce n’est que plus tard, quand l’artisan ou le marchand est devenule vrai propriétaire, qu’il orne sa façade et ses appartements. H faut ajouter que
(1> Pour ne pas sortir de Paris , on peut voir desexemples de ce que nous disons dans la rue desSept-Voies, presque au carrefour Saint - Hilaire ;dans les rues du Four-Saint-Jacques et d’Écosse ;dans la rue Saint-André-des-Arts, un peu après laplace; dans la rue du Poirier, près de la rue Mau-buée; dans la rue Frépillon (aujourd’hui rue Volta),où se trouve une maison dont le pan de bois, re-posant sur un poitrail reliant des piliers carrés enpierre, est composé d’une carcasse de charpente,formée de poteaux, sablières, décharges et colom-bages apparents, sans aucun ornement, remplisentre deux par des moellons et briques hourdés et
enduits en plâtre, à fleur du parement du bois. Cettemaison nous paraît un excellent spécimen desmaisons de cette époque. On en trouve d’une autredisposition, parce qu’elles avaient une autre desti-nation, dans la rue Neuve-Saint-Médard, à l’entréede la petite place sur laquelle débouche la rue Co-peau (aujourd’hui Lacépède); deux maisons conti-guës sont habitées et exploitées par un fabricantde tuiles et poteries. Dans la rue Quincampoix,on rencontre un hôtel, ou plutôt une auberge, àl’enseigne de Saint-Michel, qui a conservé, aucentre de Paris , les distributions et les halles nuesqu’on voyait encore il y a une douzaine d’années.
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