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Paris en 1380 : plans de restitution ; histoire générale de Paris / par H. Legrand
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PARIS EN 1380.

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tout établi ses ports, ses entrepôts et ses magasins. Tous ces petits ilôts, de formecarrée, qui bordaient notamment le quai des Ormes, en arrière de la rue de laMortellerie (aujourdhui de rHôtel-de-Ville), étaient, à cette époque, autant dechantiers, de magasins, dentrepôts, appartenant, en propriété ou en location, àdiverses sociétés de marchands ou de constructeurs.

Cest au moyen âge quil faut chercher lorigine de ces associations Tinté- Le commerC e.rôt est proportionnel à la mise : le banquier cétait le Lombard; le prêteur cétaitle Juif. Si nous étudions topographiquement les situations respectives des habi-tations sétablissent ces industries, nous voyons les Lombards à proximité desGrandes-Halles et de la Porte-Paris, tandis que les Juifs ont toujours habité leBeau-Bourg, le Bourg-Thiboust (rue Bourtibourg) et la vieille rue du Temple.

En ce qui concerne la physionomie des rues et des maisons, nous devons faire nues et maisons,une observation générale. Les constructions antérieures au xv e siècle ont toujourseu peu dornements à lextérieur. Sans aucun doute, les maisons dartisans étaient,comme celles quon voit encore dans les vieux quartiers, composées de moellonset de plâtre, sur un soubassement en pierre de taille relié par un poitrail; laboutique se fermait par un châssis, à coulisses horizontales ou verticales, avec unauvent se repliant par en haut. A Paris , les appuis sont en pierre, on rabatrarement le bas du contrevent, comme on le fait dans les villes à maisons enbois. Les baies sont percées à nu dans le mur, sans chambranle ni moulure W.

Cest encore la méthode usitée aujourdhui, dans une certaine catégorie de maisonsà bon marché. Ce nest que plus tard, quand lartisan ou le marchand est devenule vrai propriétaire, quil orne sa façade et ses appartements. H faut ajouter que

(1> Pour ne pas sortir de Paris , on peut voir desexemples de ce que nous disons dans la rue desSept-Voies, presque au carrefour Saint - Hilaire ;dans les rues du Four-Saint-Jacques et dÉcosse ;dans la rue Saint-André-des-Arts, un peu après laplace; dans la rue du Poirier, près de la rue Mau-buée; dans la rue Frépillon (aujourdhui rue Volta), se trouve une maison dont le pan de bois, re-posant sur un poitrail reliant des piliers carrés enpierre, est composé dune carcasse de charpente,formée de poteaux, sablières, décharges et colom-bages apparents, sans aucun ornement, remplisentre deux par des moellons et briques hourdés et

enduits en plâtre, à fleur du parement du bois. Cettemaison nous paraît un excellent spécimen desmaisons de cette époque. On en trouve dune autredisposition, parce quelles avaient une autre desti-nation, dans la rue Neuve-Saint-Médard, à lentréede la petite place sur laquelle débouche la rue Co-peau (aujourdhui Lacépède); deux maisons conti-guës sont habitées et exploitées par un fabricantde tuiles et poteries. Dans la rue Quincampoix,on rencontre un hôtel, ou plutôt une auberge, àlenseigne de Saint-Michel, qui a conservé, aucentre de Paris , les distributions et les halles nuesquon voyait encore il y a une douzaine dannées.

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