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PLANS DE RESTITUTION.
la sécurité des rues a contribué beaucoup à faire ouvrir et décorer les façades.Les cheminées donnent aussi un aspect tout particulier aux diverses époques.Ainsi, avant le xv c siècle, les maisons, ne contenant pour la plupart qu’une seulefamille, n’ont généralement qu’un ou deux corps de cheminées. Le maître reçoitla famille autour de son foyer, et l’on se couche de bonne heure, souvent sanslumière. La maçonnerie de ces cheminées est faite en briques, monte de fond, et àplomb, du sol du rez-de-chaussée au-dessus du comble, traversant les planchers sanss’appuyer sur autre chose que le mur de pignon ou le mur goutterot, et se trouvepercée d’un conduit vertical droit, dans lequel le ramoneur peut travailler à l’aise.Plus tard, on perfectionne le mobilier; on vitre les fenêtres W; on veille; on multi-plie les corps de cheminées. Les hôtes sont plus nombreux, et les cheminées mon-tent au premier étage, pour chauffer et assainir, avec les salles du rez-de-chaussée,les chambres qui seront occupées désormais simultanément. Enfin arrive le momentoù chacun veut être chez soi, où l’on se parque dans un étage, puis dans un coindu logis, et les corps de cheminées se rangent, comme des créneaux, aux pignonset aux refends principaux des maisons. Ces divers aspects, on le voit, traduisentà peu près exactement, pour le dehors, les coutumes et les usages du dedans; ilsservent donc à expliquer, pour l’homme de nos jours, bien des laits que noshabitudes actuelles sembleraient rendre improbables, sinon tout à fait impossibles.
Habilal ioi, s Quelques observations sont nécessaires sur les fosses d’aisances des maisons par-
Détails intérieurs. ticulières, car il en existait à cette époque. On voit, dans les cours ou sur les façadesdes jardins, des cages d’escaliers en saillie, souvent accompagnées d’autres petitescages plus étroites. Ces dernières sont des retraits, ou latrines, dont la fosse setrouve dans le sol situé au-dessous. Elles étaient construites presque comme cellesd’aujourd’hui; seulement, on ne voit pas, au moins dans les maisons particulières,qu’elles aient jamais été dallées d’une manière imperméable. Au collège de Beau-vais, il est fait mention de l’établissement d’une fosse de ce genre. La vidangedevait s’en faire assez rarement, les matières liquides se trouvant absorbées par le
(1) A cette époque, et même beaucoup plus tard,les baies des croisées étaient divisées par des me-neaux de pierre ou de bois, avec une feuillureintérieure disposée pour recevoir, soit un dormantsur lequel battait un contrevent à barres ou à pan-neaux, soit des gonds à scellements, portant cemême contrevent fermé par un verrou. Dans lesmaisons plus riches, c’était un châssis à bâtis garnis
d’un vitrail en plomb, à petits carreaux de verregrossier, affectant des formes diverses et faisant ré-seau. Les artisans, qui avaient besoin d’un jourcontinuel, et qui voulaient s’abriter contre les intem-péries, collaient simplement des toiles claires ou dupapier huilé. En Espagne , dans les petites villes,les baies do croisées ont encore les volets pleinspour unique fermeture.