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sol et disparaissant par les infiltrations souterraines; les matières solides se dessé-chaient peu à peu, sans dégager beaucoup d’odeur, et devaient servir à l’engraisdes jardins. Plus tard, l’emploi des fosses se généralisant, des inconvénientsdurent se produire et amener la réglementation qui intervint.
Un mot encore sur la disposition générale des habitations parisiennes au Déliais extérieurs,moyen âge. 11 est à remarquer que les jardins sont disposés de manière à ne pasdonner de vue sur les maisons voisines. Quand les habitations sont petites etadossées aux murs d’un hôtel ou d’un couvent, chacune possède son escalier, sagalerie sur la cour, sa petite cour, avec un puits souvent commun et placé sousle mur mitoyen des cours, de manière à pouvoir servir aux deux locataires; il esttoujours fermé de deux portes ou contrevents, indépendants l’un de l’autre. Dansles hôtels, c’est la même chose sur une plus grande échelle : chacun chez soi. Onn’aurait pas compris alors ces cours communes, ces nombreuses ouvertures detoutes formes, par lesquelles les habitants des étages supérieurs peuvent plongerdans les appartements des étages inférieurs. Ce détail explique les mœurs, parcequ’il répond à un besoin impérieux. C’est encore une de ces particularités qu’ac-cuse le plan cavalier, et que le plan ichnographique est impuissant à présenteraux yeux des personnes peu accoutumées à interpréter un plan en simple tracé.
Ici encore c’est la propriété élevée à sa plus haute puissance; c’est la liberté et lesecret du foyer domestique protégés par tous les moyens matériels.
Pour ce qui regarde les édifices publics, on ne voit ni casernes ni vastes prisons; Grands édifices;on ne distingue que 1 Hôtei-Dieu et des hopitaux-monastères. Il ny a point cTar- ae ia voie publique,mée permanente; les soldats se logent chez leurs chefs ou chez les vassaux; lagarde a des postes. Chaque seigneur a ses geôles et ses prisons, et personne, àcette époque, ne pense à une prison publique; il y a le tribunal du seigneur etcelui du roi, et à côté les cachots et les chambres de torture; tout cela est réunidans l’hôtel ou le palais, dont l’aspect général offre ces divers caractères. Sur uneéminence, en un carrefour, dans l’enceinte ou hors de l’enceinte de la Ville, onvoit se dresser le gibet, la potence, le pilori de chaque justice. A chaque place oucarrefour un peu dégagé, s’élève une croix en pierre ou en bois. Presque à tousles coins de rues, une statue de Notre-Dame ou d’un saint, patron du quartier, estplacée dans une niche devant laquelle, pendant la nuit, brûle une lampe , ou plustard une chandelle. Ce fut là le premier éclairage des villes du moyen âge, et, quand