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PLANS DE RESTITUTION.
la piété des fidèles diminua, il fallut songer à remplacer les lanternes particulières,qui ne coûtaient rien à la Ville, par des lanternes publiques, qui créèrent un impôt.
Toitures. Un des aspects de Paris , que nous ne pouvons faire sentir dans le dessin, parce
que l’échelle en est trop petite, c’est celui que devait donner, aux maisons et auxédifices, la couleur des grands toits qui les recouvraient. Nous ferons remarquerque, si la tuile dominait, cependant on voyait, à cette époque, un grand nombrede toitures en ardoises. Il paraît que l’arrivage de ce genre de matériaux devint,avec le temps, moins difficile, et nous en trouvons la preuve dans ce fait, que, àpartir de la seconde moitié du xiv c siècle, et pendant tout le xv e et le xvi e , l’usagedes ardoises devint beaucoup plus fréquent : on construisit alors une multitudede tourelles, de très-petit diamètre, que l’ardoise permettait de couvrir solidement.
Nous inclinons à croire que la plupart des grosses et moyennes tours rondesétaient couvertes en tuiles et demi-tuiles, pour donner moins de prise au vent W.La légèreté et la sveltesse de cette foule de tourelles, collées aux hôtels à partirdu xiv e siècle, seraient donc dues à la possibilité de couvrir en ardoises les comblesen poivrière qui les surmontaient. Au Louvre, par exemple, les anciennes ailes,construites par Philippe-Auguste et ses successeurs, étaient couvertes en tuiles; lestourelles d’escalier avaient une toiture en ardoises. L’aile septentrionale, ajoutéepar Charles V et bâtie par Raymond du Temple , était couverte en ardoises.Plusieurs hôtels et collèges, notamment celui de Beauvais , construit par le mêmeRaymond du Temple , avaient également ce mode de couverture( 2) . On arriva, undemi-siècle plus tard, à recouvrir les pans de bois eux-mêmes avec ces matériaux.Il y avait, aux xm e et xiv e siècles, de nombreuses tuileries dans les faubourgs etles environs de Paris ;, leur importance diminua à mesure que les arrivages d’ar-doises devinrent plus abondants. Dans les faubourgs et autour des Halles, bien
(1) Les grosses tours de l’évêché de Beauvais ,coiffées de combles pointus, circulaires en façade etaplatis par derrière, étaient encore, vers 18/10, cou-vertes en tuiles. On a, depuis, remplacé la tuile,qui cédait aux grands coups de vent, par de l’ar-doise, qui est un peu plus solide; mais la différenced’épaisseur de la couverture a changé les propor-tions de l’ensemble et donné de la maigreur aucomble. Nous avons vu, sur une vieille tapisseriede la cathédrale, ces tours teintées en bleu, ce quiindiquerait de l’ardoise; mais ces tapisseries sontdu xvi' siècle, époque où l’ardoise était fort em-
ployée. L’iuspection du comble semble bien accuserla couverture en tuiles.
(s) Les comptes du collège de Beauvais, dont lesregistres sont déposés aux Archives de l’Empire,constatent l’emploi de l’ardoise pour la chapelle etpour le corps de bâtiment principal. Aujourd’hui,cependant, la couverture est en tuiles; mais onpeut remarquer que les bordures d’égouts sein- <blent, par leur inclinaison trop droite, réclamerl’ardoise primitive qui a moins d’épaisseur. C’estl’eflet contraire à celui des tours de l’évêché deBeauvais .