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des échoppes et bien des maisons d’artisans étaient couvertes en planches ouvoliges, soit en chêne, soit en hois tendre. La couverture en pierre, ou les terrassesen dallage, fort usitées dans les xi e et xu e siècles, sous l’influence des formesmassives de l’architecture romane, furent réservées, à l’époque de Charles V etplus tard, aux tours et aux vis des palais et des hôtels. La Grande-Vis du Louvreétait dallée en terrasse, et, peut-être aussi, une partie des autres tours du château.
Ce qui appelle aussi l’attention, dans un plan cavalier de cette époque, c’est laquantité de moulins qui existaient sur le territoire de Paris . La Seine et la Bièvrefaisaient tourner un grand nombre de moulins à eau, bâtis sur les ponts ou surdes bateaux destinés à cet usage et amarrés en pleine rivière. Tout autour des en-ceintes, et sur tous les points culminants, naturels ou artificiels, qui avoisinent lesfaubourgs, et qu’à Paris on a toujours appelés buttes, on aperçoit une multitudede moulins à vent, notamment à la hutte Montmartre . Tous ces moulins servaientà l’approvisionnement de Paris , souci continuel des comtes, des rois et des éche-vins. Il existe une ordonnance qui prescrit l’établissement d’un certain nombre denouveaux moulins, dans le courant du xvi e siècle
On s est souvent étonne de 1 absence de pavage dans Pans a une certaine ravage,époque; et cependant il y a encore bien des villes populeuses, réputées belles etcivilisées, qui sont peu ou point pavées, et qui ne l’ont jamais été davantage. Va lence et d’autres villes d’Espagne sont dans ce cas (2) . Paris , à l’époque dont nousparlons, était entouré de marais cultivés, exactement comme la plaine de Saint- Denis . 11 n’était sans doute pas plus nécessaire d’y affermer l’enlèvement des bouesqu’à Valence , où les maraîchers enlèvent toutes les nuits les immondices, et oùils vont même chercher dans les maisons les détritus de toute sorte dont ils font
(1) Nous avons indiqué sur ce pian tous les mou-lins dont l’existence nous a été démontrée. Cepen-dant nous ferons une simple observation, relative aunombre des moulins reproduits sur les plans cava-liers que nous ont laissés les auteurs des xvi e etxvii' siècles. 11 est supposable que la présence deces moulins, particulièrement à Montmartre et endehors de la porte Saint-Honoré, n’indiquait sim-plement que l'existence de ces moulins, sans pré-tendre en déterminer exactement le nombre. Selontoute probabilité, le dessinateur topographe pro-cède exactement de la même manière que quand
il place, dans un îlot, un nombre arbitraire demaisons, ou, dans les cultures des faubourgs, unbâtiment qui représente une ferme entière.
(2) On sait que le premier pavage ordonné parPhilippe-Auguste ne comprenait que la croisée, c’est-à-dire les deux voies qui, en se croisant au delà duGrand-Pont, comme au delà du Petit-Pont, for-maient , sur les deux rives, les quatre rues principalesde la Ville. Une charte de 1285, citée par Le Roy(.Dissertation sur l’origine de l’Iiôtel de Ville, piècesjustificatives, p. civ), règle le pavage de quatrechemins principaux : Quatuor chemini principales.