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LÉGENDE DU PLAN.
Z. La Culture ou Couture du Temple (P (Paris et ses Histor. p. 186).
a. Sainte-Avoie, chapelle (ibid . p. 187).
b. Saint-Bon, chapelle (ibid. p. 187).
et que le roi y parut. En 1182, Philippe-Augustere'gla un différend à propos de boucheries établiessur le territoire des Templiers . 11 est donc certainque l’Ordre, dès ses commencements, s’établit bril-lamment à Paris , et que les seigneurs, ainsi queles rois, le favorisèrent. Scs propriétés étaient im-menses : il avait des maisons jusque dans le quartiervoisin de la Grève. Au xm e siècle, on appelait déjàce domaine Villa nova Templi. Les rois mêmes ydéposaient leurs trésors, et y logèrent au xiv e siècle;les bâtiments en étaient nombreux et beaux.
On peut affirmer qu’à la fin du xiv e siècle, etau moment où Charles V enveloppa les terres duTemple dans l’enceinte nouvelle qu’il créait, il yavait là une forteresse, encore belle, qui venaitd’entrer ( 1 3 1 3 ) dans Tordre des Hospitaliers, de-venu plus tard Tordre de Malte. Ce fait nous con-duit à supposer qu’il n’y eut aucun démantèlementeffectué dans les bâtiments dont se composait leTemple, ce qui, d’ailleurs, n’aurait pas eu de mo-tif plausible, les chevaliers du Temple n’ayant faitaucune résistance matérielle aux volontés du roiPhilippe le Bel et du pape. O11 peut aussi remar-quer que, la bulle de suppression étant datée du2 mai 1 3 12, et le roi Philippe le Bel faisant en-core sa résidence habituelle au Temple en 1 3 oG,il est très-concevable que ce prince ait conservé lafaculté d entrer dans cette forteresse et d’y main-tenir, sous son commandement, une garde suffi-sante. Si une velléité de résistance avait pu se ma-nifester, ce n aurait pas été dans Paris quelle auraitproduit un effet sérieux. Certaines rivalités ayantsurgi entre les Templiers et les Hospitaliers, onpourrait en inférer que ceux-ci prêtèrent ou étaientdisposés à prêter un appui moral et matériel auroi et au pape qui brisaient cet ordre rival. C’estsans doute pour ce motif que nous trouvons, undemi-siècle après la suppression de Tordre duTemple, son chef-lieu entre les mains de Tordrede Saint-Jean.
La clôture du Temple comprenait tout le terrainqui s’étend de la rue du Temple, à Touest, à la rueactuelle de Berry, à Test, et de la rue de la Cor-derie ou des Cordiers, au midi, jusqu’auprès dela rue de Vendôme, ou au chemin de ronde dela nouvelle enceinte, vers le nord. De ce côté,
elle était longée par l’égout du grand marais et tesrigoles venant des coteaux de Mesnilmontant. Lesbâtiments se composaient d’une grande cour, en-tourée de tout ce qui pouvait faciliter le service mi-litaire des chevaliers; c’était, à proprement parler,la cour d’une caserne. Au fond de cette cour, et aucentre de l’enclos, s’étendait le couvent proprementdit, avec ses cloîtres et sa chapelle, faite d’abordsur le modèle de celle de Jérusalem , ainsi qu’onle voit dans presque toutes les commanderies decet ordre, qui continua encore à exister en Espagne .mais avec moins de puissance que celle dont il pou-vait disposer en France . A côté du cloître se trou-vaient le logis du Grand Maître et des dignitairesde la langue de France et celui où se logeaient lesrois. Ce dernier devait être voisin de la tour carréedu Donjon, flanquée de quatre tourelles, l’autreaile du cloître principal se reliant à un grand bâti-ment carré, de ce style particulier aux Templiers ,qui l’avaient importé d’Orient. D’immenses jardins,communs et particuliers, entouraient de toutes partsle centre du Couvent ; des murs crénelés, garnis detourelles et défendus par des fossés, fermaient cetimmense enclos.
La situation du couvent du Temple se trouvaitparfaitement choisie pour défendre les marais qui.de ce côté, formaient la ceinture avancée de Paris .Ces terrains avaient toujours dû être maintenus enculture, et, même avant le lotissement des rues dece nouveau bourg, ils produisaient, sans doute,d’assez bons revenus à leurs possesseurs. Aujour-d’hui, on connaît parfaitement les limites de l’an-cien emplacement du Temple, dont le donjon estdemeuré debout jusqu’à la fin du siècle dernier. O11a construit en ce lieu un marché, un jardin public,une mairie avec ses dépendances.
(1) La Culture du Temple couvrait tout le terrainqu’on a appelé depuis le Marais, jusqu’à la Cultureou Coulture de Sainte - Catherine, et les dépen-dances du palais des Tournelles, alors l’hôtel d’Or-gemont, appartenant à Tévêque de Paris . A traversces jardins maraîchers passait Tégout des quartiersSaint-Paul et Saint-Antoine. Les seules parties ré-gulièrement bâties étaient voisines de l’enceinte dePhilippe-Auguste, alors, il est vrai, en mauvaisétat, mais non encore ruinée. Ces marais demeu-