Buch 
Paris en 1380 : plans de restitution ; histoire générale de Paris / par H. Legrand
Seite
56
JPEG-Download
 

56

PARIS EN 1380.

c. Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, église P) (Paris et ses Histor. p. 189).cl. Le Couvent des Billettes ® (ibid. p. 189).e. Saint-Jean-en-Grève, église (ibid. p. i84).

f. Saint-Gervais, église® (ibid. p. 186).

rèrent bien longtemps en culture, et lon se con-tenta dy bâtir des maisons le long des principalesvoies. Ils étaient loués à des jardiniers, cpii y cons-truisaient des bâtiments appropriés à leur usage,et pourvus seulement des choses nécessaires à 1 ha-bitation et au travail de ces jardiniers.

(1) Ce couvent était occupé par des chanoinesréguliers dits de Sainte-Croix ( Cruciferi, Crucigeri,Cruce signati). Il était situé dans la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie et dans la rue des Billettes, quien était voisine. Au xin' siècle, époque les reli-gieux occupèrent cet emplacement, le lieu se nom-mait le Champ-aux-Bretons, ou aitæ-Flamands . On asupposé que ce nom venait dune famille Breton ouLe Breton; mais il nous paraît plus simple et plusraisonnable de lattribuer à une colonie de Bretonsétablie dans cet endroit. Cette origine se trouvedaccord avec les coutumes du temps, et satisfaitpleinement aux exigences de létymologie et delhistoire. La chapelle se trouvait en bordure surla rue. On a rencontré tout récemment des caveauxfunéraires dans les caves des maisons voisines.

(2) Ce couvent, fondé à la fin du xin siècle, sousle règne de Philippe le Bel , occupait presque toutPilot formé par les rues des Billettes, de Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, de la Verrerie, et la ruellede Moussi, fermée de grilles, qui dégageait les jar-dins et bâtiments de ce couvent. L eglise et le cloîtreont leur entrée sur la rue. On attribue la fondationde la chapelle à un flamand, bourgeois de Paris ,sur lemplacement de la maison dun juif, nomméJonathan, mis à mort pour avoir fait bouillir unehostie consacrée, le jour de Pâques de 1290. C estpourquoi cette maison sappela dabord lhôpital,ou le college des Miracles. Le couvent lut rebâti aucommencement duxv' siècle, par suite de lexhaus-sement considérable donné au sol de ce quartier.On voit encore les traces de cet exhaussement duterrain. Le cloître avait été bâti vers i 35 o.

(3) Léglise Saint-Gervais-el-Saint-Protais, situéenon loin de la Seine , à lorient de la place de Grève,et sur un monticule appelé le Monceau Saint-Gervais,est réputée la plus ancienne église de Paris dont ilsoit fait mention sur la rive droite. Dès le v° siècle,on lui aurait donné la qualification de basilique. Ilest à croire, et nous espérons le prouver, que Saint-

Gervais était renfermé dans lenceinte primitive duParis de la rive droite, et que de tout temps leMonceau avait été un lieu fortifié pour la défense decette partie importante de la ville de Paris . Lédi-fice quon voyait en i 38 o avait été reconstruiten 1212. Sa construction dura longtemps, puisquilnétait point encore terminé en 1 à 0.0, et quondédia seulement les parties achevées. Du côté de larue du Pourtour, et formant la pointe vers la placeBaudoyer, sétendait un cimetière, à galerie couvertesur le pourtour, auquel étaient adossées des Bouti-ques et des échoppes; de lautre côté se trouvaientdes maisons occupées par le clergé de léglise, et des-servies par un cul-de-sac qui existe encore et quonfermait alors. Au point culminant du Monceau,et en regard du fleuve, sélevaient des murs indi-quant des constructions solides, et telles quon lesbâtirait pour faire une muraille de défense. Dansla partie basse de la rue des Barres, appelée, en1 38 o , la rue du Chevel-Saint-Gervais, on voyait ungrand hôtel des Barres, ou de la Barre, qui, en1 364 , fut amorti en faveur de Saint-Maur -des-Fos-sés. Au xiii siècle, il appartenait aux Templiers,qui avaient en face des moulins sur la Seine . Cesconstructions formaient lextrémité de lenceinte pri-mitive, dont le Monceau Saint-Gervais était en quel-que sorte la citadelle.

En face de la porte occidentale de léglise sedressait un orme (Guillot lappelle lOurmeciau)qui, renouvelé plusieurs fois, fut maintenu jusquedans les dernières années du xviii' siècle ; il étaitfort connu sous le nom de lOrme ou lOrmeauSaint-Gervais. Cest le seul arbre de ce genre quiait été vu dans Paris avec la destination que nousallons signaler, bien que lusage en fût assez ré-pandu dans les campagnes. se plaçaient, detemps immémorial, les juges pédanèes, ou juges dedessous lOrme . On y rendait la justice pour les sei-gneurs, et lon venait en outre y conclure et y exé-cuter ou solder des marchés. (Voir un compte de1A 43 , Sauvai, t. III, p. 34 1.) Nous sommes con-vaincu que cet orme navait pas dautre destination ,et nous le croyons avec dautant plus de raison queles différends à juger devaient être tous dunegrande urgence. En effet, ceux qui venaient recourirà cette forme expéditive étaient tous des jardiniers