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c. Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, église P) (Paris et ses Histor. p. 189).cl. Le Couvent des Billettes ® (ibid. p. 189).e. Saint-Jean-en-Grève, église (ibid. p. i84).
f. Saint-Gervais, église® (ibid. p. 186).
rèrent bien longtemps en culture, et l’on se con-tenta d’y bâtir des maisons le long des principalesvoies. Ils étaient loués à des jardiniers, cpii y cons-truisaient des bâtiments appropriés à leur usage,et pourvus seulement des choses nécessaires à 1 ha-bitation et au travail de ces jardiniers.
(1) Ce couvent était occupé par des chanoinesréguliers dits de Sainte-Croix ( Cruciferi, Crucigeri,Cruce signati). Il était situé dans la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie et dans la rue des Billettes, quien était voisine. Au xin' siècle, époque où les reli-gieux occupèrent cet emplacement, le lieu se nom-mait le Champ-aux-Bretons, ou aitæ-Flamands . On asupposé que ce nom venait d’une famille Breton ouLe Breton; mais il nous paraît plus simple et plusraisonnable de l’attribuer à une colonie de Bretonsétablie dans cet endroit. Cette origine se trouved’accord avec les coutumes du temps, et satisfaitpleinement aux exigences de l’étymologie et del’histoire.— La chapelle se trouvait en bordure surla rue. On a rencontré tout récemment des caveauxfunéraires dans les caves des maisons voisines.
(2) Ce couvent, fondé à la fin du xin” siècle, sousle règne de Philippe le Bel , occupait presque toutPilot formé par les rues des Billettes, de Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, de la Verrerie, et la ruellede Moussi, fermée de grilles, qui dégageait les jar-dins et bâtiments de ce couvent. L eglise et le cloîtreont leur entrée sur la rue. On attribue la fondationde la chapelle à un flamand, bourgeois de Paris ,sur l’emplacement de la maison d’un juif, nomméJonathan, mis à mort pour avoir fait bouillir unehostie consacrée, le jour de Pâques de 1290. C estpourquoi cette maison s’appela d’abord l’hôpital,ou le college des Miracles. Le couvent lut rebâti aucommencement duxv' siècle, par suite de l’exhaus-sement considérable donné au sol de ce quartier.On voit encore les traces de cet exhaussement duterrain. Le cloître avait été bâti vers i 35 o.
(3) L’église Saint-Gervais-el-Saint-Protais, situéenon loin de la Seine , à l’orient de la place de Grève,et sur un monticule appelé le Monceau Saint-Gervais,est réputée la plus ancienne église de Paris dont ilsoit fait mention sur la rive droite. Dès le v° siècle,on lui aurait donné la qualification de basilique. Ilest à croire, et nous espérons le prouver, que Saint-
Gervais était renfermé dans l’enceinte primitive duParis de la rive droite, et que de tout temps leMonceau avait été un lieu fortifié pour la défense decette partie importante de la ville de Paris . — L’édi-fice qu’on voyait en i 38 o avait été reconstruiten 1212. Sa construction dura longtemps, puisqu’iln’était point encore terminé en 1 à 0.0, et qu’ondédia seulement les parties achevées. Du côté de larue du Pourtour, et formant la pointe vers la placeBaudoyer, s’étendait un cimetière, à galerie couvertesur le pourtour, auquel étaient adossées des Bouti-ques et des échoppes; de l’autre côté se trouvaientdes maisons occupées par le clergé de l’église, et des-servies par un cul-de-sac qui existe encore et qu’onfermait alors. Au point culminant du Monceau,et en regard du fleuve, s’élevaient des murs indi-quant des constructions solides, et telles qu’on lesbâtirait pour faire une muraille de défense. — Dansla partie basse de la rue des Barres, appelée, en1 38 o , la rue du Chevel-Saint-Gervais, on voyait ungrand hôtel des Barres, ou de la Barre, qui, en1 364 , fut amorti en faveur de Saint-Maur -des-Fos-sés. Au xiii” siècle, il appartenait aux Templiers,qui avaient en face des moulins sur la Seine . Cesconstructions formaient l’extrémité de l’enceinte pri-mitive, dont le Monceau Saint-Gervais était en quel-que sorte la citadelle.
En face de la porte occidentale de l’église sedressait un orme (Guillot l’appelle l’Ourmeciau)qui, renouvelé plusieurs fois, fut maintenu là jusquedans les dernières années du xviii' siècle ; il étaitfort connu sous le nom de l’Orme ou l’OrmeauSaint-Gervais. C’est le seul arbre de ce genre quiait été vu dans Paris avec la destination que nousallons signaler, bien que l’usage en fût assez ré-pandu dans les campagnes. Là se plaçaient, detemps immémorial, les juges pédanèes, ou juges dedessous l’Orme . On y rendait la justice pour les sei-gneurs, et l’on venait en outre y conclure et y exé-cuter ou solder des marchés. (Voir un compte de1A 43 , Sauvai, t. III, p. 34 1.) Nous sommes con-vaincu que cet orme n’avait pas d’autre destination ,et nous le croyons avec d’autant plus de raison queles différends à juger devaient être tous d’unegrande urgence. En effet, ceux qui venaient recourirà cette forme expéditive étaient tous des jardiniers