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Gg. Le Grand-CiiÀtelet (Paris et ses Histor. p. 197) et la Pierre-À-Poisson 0 ) (ibid. p. 197).Hh. Le Couvent des Filles-Dieu (ibid. p. 188) et ses jardins hors des murs < 2 >.
taxes imposées sur les autres marchés de détail. C’estce qui se pratique encore dans Paris . La Grève était,en outre, un port où l’on déchargeait aussi du vin,car, en 1357, la Boîte du vin était en Grève. Eni38o, il y avait, du côté de la rivière, un mur desoutènement, une croix et une sorte de bureau dumarché.
La Maison-aux-Piliers, berceau de l’Hôtel deVille actuel, se trouvait sur ce même emplacement.C’était une grande maison, située du côté orientalde la place. Elle avait appartenu à Cluin, chanoinede Notre-Dame , à Philippe-Auguste , aux deux der-niers dauphins de Viennois, à Charles de France,qui la donna à Jean d’Auxerre, receveur de la Pré-vôté. La Ville l’acquit de ce dernier personnage. Onl’agrandit par diverses acquisitions de maisons voi-sines , tant sur la place que sur les derrières. de sorteque, en i38o, elle était circonscrite par la rue duMartroi, la rue devant Saint-Jean-en-Grève, et laruelle ou passage qui la séparait de l’hôpital duSaint-Esprit, établi vers i362. Le nom de Maison-aux-Piliers lui fut donné, à cause de la ligne depiliers formant galerie et soutenant les étages su-périeurs . comme les autres maisons de la place etcomme les piliers des Halles; c’était un mode deconstruction fort en vogue à cette époque. Les piliersétaient ronds, en pierre, avec un chapeau plutôtqu’un chapiteau supportant les pièces de charpentedes pans de bois du dessus. On voit encore des pi-liers de ce genre sur la place de Beauvais ; ils sontcouverts de losanges richement sculptés, avec desfleurs de lis dans chaque compartiment. 11 est plusque probable que la Maison-aux-Piliers de la Grèveavait ses piliers ornés de la même manière. Cen’est qu’en 153 3 que l’on commença à bâtir l’édificede l'Hôtel de Ville, lequel, après avoir été considé-rablement agrandi, occupe encore aujourd’hui lecentre de Eliot.
Avant que la Maison-aux-Piliers fût achetée, lesassemblées des bourgeois et commerçants notablesde la Ville avaient lieu : 1° à la Vallée de Misère,dans la Maison de la Marchandise; 2° près deSaint-Leufroy et du Grand - Châtelet, dans un localnommé le Parlouer-aux-Bourgeois ; 3° dans le bâ-timent touchant aux murs d’enceinte, près la porteSaint-Michel, derrière les Jacobins, et qu’on nom-mait aussi le Parloir-aux-Bourgeois. — Nous feronsremarquer que, antérieurement à la Maison-aux-Pi-
liers, les locaux affectés aux réunions des bourgeoisappartenaient tous aux terrains des fortifications.
(1) Nous n’établirons ici ni l’antiquité du Grand-Châtelet, ni sa destination, ni l’époque où il futaccompagné du Pont-au-Change ; il suffit de cons-tater qu’il existait en 13 80 et qu’il avait été agrandi.Il était le siège de la Prévôté de Paris . Les bâti-ments, en assez mauvais état au commencementdu xv" siècle, durent être reconstruits en grandepartie. Cette forteresse donnait sur le quai, en facedu Pont-au-Change, et se trouvait contournée parla rue de la Pierre-à-Poisson, la rue de la Triperieet la ruelle Saint -Leufrov, ou plutôt la rue de laJouaillerie. Derrière s’étendait la Grande-Bouche-rie, qui, paraît-il, tenait d’abord au Châtelet, et futrebâtie au xv” siècle. — Le long de la rue Pierre-à-Poisson se trouvaient des pierres plates et polies,sur lesquelles on étalait le poisson. La rue Saint-Leufroy passait sous l’arche du Châtelet.
L’ancienne Maison de la Marchandise devait setrouver dans l’îlot compris entre la rue Pierre-à-Poisson et la rue de la Saunerie, à l’occident duChâtelet. L’édifice appelé le Parloir était de l’autrecôté, tout près de Saint-Leufroy, puisque l’empla-cement de la chapelle avait été pris en partie surce Parloir.
Aujourd’hui, l’emplacement de l’ancienne forte-resse est devenu la place du Châtelet ; il comprend,en outre, les deux théâtres, la Chambre des no-taires, la rue Saint-Denis et le boulevard y abou-tissant, des deux côtés. Une fontaine monumentaleest placée au milieu.
(i) Le couvent des Filles-Dieu remonte au xni” siè-cle. En 135o, les religieuses avaient obtenu diversespropriétés nécessaires à l’agrandissement de leursmaisons, et, quand on creusa à la hâte les fosséset arrière-fossés, après la bataille de Poitiers , ellesdurent abandonner leur Couture , qui fut coupée, etelles se retirèrent près de la porte Saint-Denis . Leurenclos allait jusqu’à l’égout, et comprenait l’espaceque nous voyons aujourd’hui occupé par le passagedu Caire, les rues des Filles-Dieu, du Caire , etc.jusqu’à la cour des Miracles. On voit que, en 138o,elles avaient seulement les maisons qui leur avaientété cédées par l’évêque de Paris , et que leur an-cienne maison avait été détruite pour laisser pas-ser d’abord les fossés, puis les murailles de l’en-ceinte de Charles V .