22 . RüE DE MoNTORGUEIL.
2 3 . Rue Saint-Sauveur.
24 . Rue du Petit-Lion, à côté, rue Tirevit ou Tireboudin PL2 5 . Rue Pavée.
26. Rue Mauconseil (Paris et ses Histor. p. 208).
27. Rue de la Truanderie ® (ibid. p. 208).
28. Rue des Fèves ( ibid. p. 207).
29. Rue de la Ferronnerie (ibid. p. 2o3).
3 0. La Grande Rue Saint-Denis (ibid. p. 208).
3 1. Le Ponceau.
mande des bourgeois. Aujourd’hui, la rue porte lenom de Montorgueil dans toute sa longueur, de larue Saint-Sauveur aux Halles.
(I) La rue du Petit-Lion est une continuation dela rue Pavée; mais, de nos jours, le premier nom aété étendu aux deux rues. La direction des voies pu-blicpies de cette région marque celle de l’ancienneenceinte. Tout ce quartier était déjà bâti au mo-ment où les rois pensèrent à le protéger contre lesAnglais , en creusant les doubles fossés, qui déter-minèrent ensuite le tracé de la muraille d’enceintede Charles V . Le voisinage des Halles l’avait peupléd’hôtelleries, de repaires de toutes sortes, de tripotset de lupanars. La rue à laquelle on donne aujour-d’hui le nom de Marie-Stuart , et qui aboutit aupassage du Grand-Cerf, s’appelait, auxv e siècle, rueTireboudin, sorte d’adoucissement de la dénomina-tion quelle portait auparavant. Entre la rue du Petit-Lion et la rue Thévenot, qui y finissait, il y avait,en 1871, une rue nommée depuis des Deux-Portesou Entre-deux-Portes : elle s’arrêtait alors à la rueSaint-Sauveur, et portait un nom très-indécent.
Ces rues étaient, en général, fermées la nuit, etles femmes y étaient littéralement emprisonnées. Lequartier, du reste, était mal hanté, car il y avait,à droite de la rue du Petit-Carreau, une cour, quiexiste encore, et qui a conservé son nom de Courdes Miracles. C’était un lieu franc, pour les men-diants et les prostituées de bas étage. Le commen-cement de la rue Poissonnière portait aussi un nombien expressif : on l’appelait le Champ-aux-Femmes.La rue des Filles-Dieu et celles qui l’avoisinentétaient aussi des repaires de ce genre. Elles ont con-servé quelque chose de leur physionomie particulière.
(î) Des deux rues de la Grandeet Petite-Truanderie,la première allait de la rue Comtesse-d’Artois àla rue Saint-Denis, et l’autre, partant de la rueMaudétour et continuant la rue Pirouette, venait seperdre dans la première, à l’endroit où se trouvait
le Puits d’Amour ( puits public). Ce carrefour formaitla première entrée des Champeaux, et c’était là quel’on percevait le droit d’entrée. Les maisons étaientdonc d’abord occupées par des collecteurs de taxes.On prend généralement le mot truand ou truhandans son acception de gueux, ou mauvais mendiant;mais il pourrait en avoir une autre, tru, image,qui signifie tribut, impôt, et ce serait peut être le casde l’appliquer ici. Après tout, il est bien possibleque ces rues aient mérité, parleur population, lenom que le moyen âge leur a donné. Elles étaientencore intactes il y a un an ; mais elles vont dispa-raître.
(3) La rue Saint-Denis commence au Châtelet etfinit à la porte Saint-Denis appartenant à l’enceintede Charles V ; l’autre partie se nommait la rue duFaubourg-Saint-Denis. Elle a porté le nom de GrantRue, la Grand’Rue de Paris (1 3 10), la Grant Clums-sièe Monseigneur-Saint-Denis, et Grand’Rue Saint-Denis. Elle prenait d’autres noms, le long de sonparcours, selon les corps de métiers qui y tenaientboutique. Les chartes et les cartulaires, ou censiers,sont les seuls documents où l’on puisse voir cesdifferentes dénominations fixées d’une manière sure ;mais le peuple ne s’astreignait à aucune règle. Pourlui, la rue Saint-Denis s’entendait de la voie quiconduisait à Saint-Denis ; il en désignait les diversessections par des noms de marchandises et de pro-fessions : la Poulailleiie, où l’on vendait la volaille,la Heaumerie, où l’on achetait les heaumes, etc.
La première porte Saint-Denis était celle de larue des Lombards ( Porte-Paris ) ; la deuxième, cellede Philippe-Auguste , à la hauteur du cul-de-sac dela Porte-aux-Peintres, lequel existe encore près del’ancienne rue du Petit-Hurleur ; la troisième, cellede 1 38 o, à la rue Bourbon-Villeneuve (d’Aboukir).Le Grand Égout traversait la rue Saint-Denis audroit de la rue du Ponceau, qui tirait son nom docette circonstance.