68
70. Rue des Cinq-Diamants, de la rue Aubry-le-Boucber à la rue des Lombards.
71. Rue Quinquempoix (Paris et ses Histor. p. 209), ou Quincampoix, de la rue aux Ours à la
rue Aubrv-le-Rouclier.
72. Rue des Lombabds P) (ibid. p. 210).
est tout simple de croire quelle avait pris ce nomd’un bouclier nommé Aubry. C’était une des ruesles plus bruyantes de Paris . Dans cette voie, et àl’angle occidental de la rue Quincampoix, se trou-vait la chapelle Saint-Josse, qui était fort ancienneet qui dépendait de la cure de Saint-Laurent, ainsique de la censive de Saint-Martin. Sa constructionremontait au xi" siècle.
La rue Quinquempoix, qu’on écrit aussi Quin-campoix, est très-ancienne, et sa situation près desHalles en a toujours fait une rue très-commerçante.La plupart de ses maisons avaient de grandes dé-pendances et des cours spacieuses, pour loger lesrouliers et les marchands forains. On en retrouveencore des restes. Ce que nous savons de l’originepossible de cette dénomination, c’est qu’il existeencore plusieurs localités portant le nom de Quin-campoix ou Quinquempoix, l’une près de Rouen ,deux autres dans l’Oise , sans compter une petiterivière en Bretagne . 11 y a, sans doute, quelquerelation entre ces localités et le nom de la rue pa risienne .
A la suite de la rue Quincampoix se trouvait larue des Cinq-Diamants, qui en forme la continua-tion et qui en a pris récemment le nom. Elle s’ap-pelait, au xiv c siècle, rue de la Courroierie; le nomdes Cinq-Diamants, enseigne d’une maison, ne pa-raît qu’au xvi 9 siècle. La rue, ainsi que toutes lesruelles du quartier, était habitée par des joailliers,bijoutiers, polisseurs, lapidaires, etc. et cette in-dustrie y est demeurée depuis longtemps. On aparlé d’un hôtel d’Alençon dans cette rue : cela neparaît guère possible. Le quartier, comme celui deBeaubourg et de Bourg-l’Abbé, n’était point habitépar les seigneurs. Il avait été construit pour des ar-tisans et des marchands, dès l’époque où les Hallescommencèrent à prendre de l’importance, et cecinous reporte aux x° et xi e siècles. La ruelle Ogniard,ou du Ilaumar, allait de la rue des Cinq-Diamantsà la grande rue Saint-Martin. Ce pâté de maisonss’appelait, au xiv" siècle, la Vieille-Courairie, ouplutôt Courroierie.
(1) La rue des Lombards , qui existe encore, va de larue Saint-Denis à la rue Saint-Martin. Auxiv e siècle,elle emprunta son nom à des banquiers (et non desusuriers) italiens ( Mercatores transmarini) , venus
de la Lombardie pour la plupart, ou de Lucques ,pour établir leurs comptoirs au centre du com-merce parisien. Auparavant, vers le commencementdu xm e siècle, on la nommait la Buffeterie (viensBuffeterice). Les banquiers ne vinrent s’établir àParis qu’au moment où les Croisades eurent accou-tumé la nation au change et aux traites; il est donccertain que ce nom de rue des Lombards ne futappliqué qu’au xm° siècle. Or l’on sait que la rueexistait longtemps auparavant, et qu’elle suivait àpeu près la première enceinte de la Ville. C’est litqu’était établi le Poids du Boi, à proximité de laPorte-Paris et des Halles.
Parallèlement à la rue des Cinq-Diamants, laruelle des Trois-Maures remonte jusqu’à la rueTroussevache, qui joint les rues Saint-Denis et desCinq-Diamants. Avant i3oo, cette rue des Trois-Maures portail le nom de Guillaume Josse. On yvoyait une auberge fameuse, dont l’enseigne donnale nom à la rue, et où il paraît que l'on conservaitle vin du Boi. Quant au mot Troussevache, c’était,assure-t-on, le nom d’une famille qui demeuraitdans celte rue au xin' siècle. Nous 11 e pensons pas, àcause de la disposition de ses maisons et de la naturedu quartier, qu’elle ait été une rue à lupanars.
Au sud de la rue des Lombards se trouve unpâté de vieilles maisons, coupé par des ruelles. Làexiste, à côté de Sainte-Catherine, la rue de laVieille-Monnaie, où l’on frappait la monnaie du roi,avant le xi e siècle. Du côté de la rue des Arcis sevoyaient la Grande Bue des Marivaux, allant jusqu’àla rue des Ecrivains, vis-à-vis de Saint-Jacques-la-Boucherie, et la Petite Bue des Marivau-v, aboutissantà la Vieille-Monnaie. Au xm° siècle, on disait Mari-nas. A l’angle de la grande rue de Marivaux, et enface du portail de Saint-Jacques , se trouvait lamaison que Nicolas Flamel habitait an xv° siècle.Une petite rue des Etuves allait gagner la rue de laVieille-Monnaie.
Tout ce quartier était composé de maisons ren-dues indépendantes les unes des autres par unemultitude de passages, de ruelles et de cours tou-jours ouvertes et toujours fréquentées par les ou-vriers. Il est remplacé aujourd’hui par le square dela tour Saint-Jacques, par les rues Nicolas-Flamel ,Pernelle et le boulevard de Sébastopol.