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Paris en 1380 : plans de restitution ; histoire générale de Paris / par H. Legrand
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PARIS EN 1 380.

70. Rue des Cinq-Diamants, de la rue Aubry-le-Boucber à la rue des Lombards.

71. Rue Quinquempoix (Paris et ses Histor. p. 209), ou Quincampoix, de la rue aux Ours à la

rue Aubrv-le-Rouclier.

72. Rue des Lombabds P) (ibid. p. 210).

est tout simple de croire quelle avait pris ce nomdun bouclier nommé Aubry. Cétait une des ruesles plus bruyantes de Paris . Dans cette voie, et àlangle occidental de la rue Quincampoix, se trou-vait la chapelle Saint-Josse, qui était fort ancienneet qui dépendait de la cure de Saint-Laurent, ainsique de la censive de Saint-Martin. Sa constructionremontait au xi" siècle.

La rue Quinquempoix, quon écrit aussi Quin-campoix, est très-ancienne, et sa situation près desHalles en a toujours fait une rue très-commerçante.La plupart de ses maisons avaient de grandes dé-pendances et des cours spacieuses, pour loger lesrouliers et les marchands forains. On en retrouveencore des restes. Ce que nous savons de loriginepossible de cette dénomination, cest quil existeencore plusieurs localités portant le nom de Quin-campoix ou Quinquempoix, lune près de Rouen ,deux autres dans lOise , sans compter une petiterivière en Bretagne . 11 y a, sans doute, quelquerelation entre ces localités et le nom de la rue pa­ risienne .

A la suite de la rue Quincampoix se trouvait larue des Cinq-Diamants, qui en forme la continua-tion et qui en a pris récemment le nom. Elle sap-pelait, au xiv c siècle, rue de la Courroierie; le nomdes Cinq-Diamants, enseigne dune maison, ne pa-raît quau xvi 9 siècle. La rue, ainsi que toutes lesruelles du quartier, était habitée par des joailliers,bijoutiers, polisseurs, lapidaires, etc. et cette in-dustrie y est demeurée depuis longtemps. On aparlé dun hôtel dAlençon dans cette rue : cela neparaît guère possible. Le quartier, comme celui deBeaubourg et de Bourg-lAbbé, nétait point habitépar les seigneurs. Il avait été construit pour des ar-tisans et des marchands, dès lépoque les Hallescommencèrent à prendre de limportance, et cecinous reporte aux x° et xi e siècles. La ruelle Ogniard,ou du Ilaumar, allait de la rue des Cinq-Diamantsà la grande rue Saint-Martin. Ce pâté de maisonssappelait, au xiv" siècle, la Vieille-Courairie, ouplutôt Courroierie.

(1) La rue des Lombards , qui existe encore, va de larue Saint-Denis à la rue Saint-Martin. Auxiv e siècle,elle emprunta son nom à des banquiers (et non desusuriers) italiens ( Mercatores transmarini) , venus

de la Lombardie pour la plupart, ou de Lucques ,pour établir leurs comptoirs au centre du com-merce parisien. Auparavant, vers le commencementdu xm e siècle, on la nommait la Buffeterie (viensBuffeterice). Les banquiers ne vinrent sétablir àParis quau moment les Croisades eurent accou-tumé la nation au change et aux traites; il est donccertain que ce nom de rue des Lombards ne futappliqué quau xm° siècle. Or lon sait que la rueexistait longtemps auparavant, et quelle suivait àpeu près la première enceinte de la Ville. Cest litquétait établi le Poids du Boi, à proximité de laPorte-Paris et des Halles.

Parallèlement à la rue des Cinq-Diamants, laruelle des Trois-Maures remonte jusquà la rueTroussevache, qui joint les rues Saint-Denis et desCinq-Diamants. Avant i3oo, cette rue des Trois-Maures portail le nom de Guillaume Josse. On yvoyait une auberge fameuse, dont lenseigne donnale nom à la rue, et il paraît que l'on conservaitle vin du Boi. Quant au mot Troussevache, cétait,assure-t-on, le nom dune famille qui demeuraitdans celte rue au xin' siècle. Nous 11 e pensons pas, àcause de la disposition de ses maisons et de la naturedu quartier, quelle ait été une rue à lupanars.

Au sud de la rue des Lombards se trouve unpâté de vieilles maisons, coupé par des ruelles.existe, à côté de Sainte-Catherine, la rue de laVieille-Monnaie, lon frappait la monnaie du roi,avant le xi e siècle. Du côté de la rue des Arcis sevoyaient la Grande Bue des Marivaux, allant jusquàla rue des Ecrivains, vis-à-vis de Saint-Jacques-la-Boucherie, et la Petite Bue des Marivau-v, aboutissantà la Vieille-Monnaie. Au xm° siècle, on disait Mari-nas. A langle de la grande rue de Marivaux, et enface du portail de Saint-Jacques , se trouvait lamaison que Nicolas Flamel habitait an xv° siècle.Une petite rue des Etuves allait gagner la rue de laVieille-Monnaie.

Tout ce quartier était composé de maisons ren-dues indépendantes les unes des autres par unemultitude de passages, de ruelles et de cours tou-jours ouvertes et toujours fréquentées par les ou-vriers. Il est remplacé aujourdhui par le square dela tour Saint-Jacques, par les rues Nicolas-Flamel ,Pernelle et le boulevard de Sébastopol.