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B. Le Séjour deNesle <0 (Paris et ses liistor. p. 22/1).
C. Le Pilori de Saint-Germain , place Sainte-Marguerite.
D-, La Foire Saint-Germain (2 h
E. Saint-Sulpice, église paroissiale
F. La Grenouillère, sur le bord de la Seine , le long du Pré-aux-Clercs.
G. Les Chartreux, couvent et enclos W ( ibid . p. 228).
H. Le Fief des Tombes
en face du portail. L’église, très-ancienne et très-vaste, avait trois cloches, dont deux sur les tran-septs. Le grand cloître e'tait au nord; Eudes l’avaitfait rebâtir en 1227. On construisit, en 1289, leréfectoire et les murs; vers 1273, on éleva la cha-pelle de la Vierge, œuvre de Pierre de Montreuil ,attenante au cloître oriental, mais séparée de l’église ;elle n’existe plus aujourd’hui. En même temps, onéleva le dortoir et la salle du chapitre. Ces locauxen remplaçaient de plus anciens, ruinés ou mena-çant ruine. Les jardins et dépendances regardaientle versant du nord, et allaient jusqu’à la rue Jacob.La prison se trouvait sur la place Sainte-Margue-rite où, plus tard, au xvn° siècle, on pratiqua uneporte pour l’abbaye. Sur des tableaux duxvi' siècle,on voit déjà une porte, ou poterne, avec un pont-levis de ce côté.
!1) En i 38 o, outre l’hôtel de Nesle, qui se trou-vait dans l’intérieur de l’enceinte, près de la tourde ce nom et de la porte de la Ville, il y avait, endehors du fossé, une maison de plaisance, qu’onappelait le Séjour de Nesle, et que Charles V donnaà son oncle le duc de Berry, en i 38 o. Le terrainoccupé par cette propriété et son jardin était assezconsidérable, et s’étendait jusqu’à la petite Seine ,emplacement actuel de la rue des Petits-Augustins(rue Bonaparte).
(2 > La foire Saint-Germain se tint en divers en-droits; mais les halles de l’abbaye, proprementdites, furent toujours placées dans ce lieu. Lesabbés possédaient ce territoire en entier ; ce fut àcharge de cens et d’autres avantages que le roijouit, vers le xin° siècle, de l’emplacement de lafoire Saint Germain pour y faire des jardins et unséjour de plaisance. Celui quelle occupait à 1 époquedu règne de Charles V , et cpie couvre encore lemarché Saint-Germain, se trouvait dans le clos deNavarre, qui fut, en 1898, l’objet d’un échangeavec le duc de Berry. Mais, comme il est à croireque la foire se tenait en un lieu quelconque, surle territoire du bourg Saint-Germain, il ne semblepoint improbable que le possesseur de l’hôtel de
Nesle et du Séjour, devant un cens à l’abbaye, luiait accordé la faculté de tenir la foire dans cet en-clos, et le lui ait cédé quinze ans plus tard. Sansrien affirmer à cet égard, nous avons placé la foireen cet endroit, et nous y avons figuré des bâti-ments qui ne furent probablement élevés que plustard.
(cl) En i 38 o, l’église Saint-Sulpice était la pa-roisse du bourg et des serfs de l’abbaye Saint-Germain. 11 est bien certain qu’elle exista dès uneépoque reculée ; mais le monument qui se voyait auxiv" siècle ne remontait pas au delà du xni' ; il futagrandi aux xv c et xvf siècles. Les substructionsde cette ancienne église existent encore sous la nou-velle.
(4) Ce couvent fut fondé par saint Louis et placédans un ancien château, qu’on appelait Vauvert etqu’on prétendait hanté par les démons. Ce couventet son église ne furent achevés que vers i 32 Ù ; onbâtit, vers ce temps, les trente cellules, et plus tardon en ajouta d’autres. Chacune des cellules situéesautour du grand cloître, au nombre de vingt-huit,était isolée et possédait un. petit jardin. Près del’église se voyait un petit cloître. Le clos était très-grand ; c’est en suivant la direction du mur de clô-ture des Chartreux qu’on a formé la rue de l’Ouest,lout cet emplacement était, récemment encore,compris dans le jardin du Luxembourg .
w Ce fief était situé sur l’emplacement de Notre-Dame-des-Champs et s’étendait du côté de Mont rouge , où l’on sait qu’il existait un cimetière. Unlieu-dit de ce territoire se nommait la Tombe-Issoire,et une rue en a reçu le nom. On a fait une légendesur un géant du nom tYJsore ou Isoré; les titresdisent apud tumbam ïsore (Pastor. A. 1Ô7). Besttout naturel qu’il y ait eu, de ce côté, un cimetièregallo-romain, comme on en a retrouvé un autretant dans l’enceinte que dans les environs du bourgSaint-Marcel. On voit, sur les anciens plans, unenclos, non loin de la hutte du Mont-Parnasse;nous l’avons figuré à droite de l’enclos des Char-treux.