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Paris en 1380 : plans de restitution ; histoire générale de Paris / par H. Legrand
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PARIS EN 1380.

a. LAbbaye de Saint-Antoine-des-Ciiamps 0 ) (Paris et ses Histor. p. 225 ).

b. Lieu dit plus tard Pincocrt ou Popincourt .

c. La Courtille et la Chaussée de Belleville®.

d. Saint-Laurent® (ibid. p. 228).

e. La Foire Saint-Laurent.

f. Saint-Lazare, son colombier et son clos® (ibid. p. 229).

de labbaye de Saint-Germain, depuis la rue Jacob,ou du Colombier, jusquau Séjour de Nesle, versla rue de Lille; le Grand-Pré-auæ-Clercs sétendait,le long de la Seine , jusquà la pointe qui le termi-nait auprès du Palais-Bourbon , pointe marquée parle coude que formait la petite rue de Gourty. Ce préétait, en i 38 o, divisé et loué, et il y existait bonnombre de guinguettes les escholiers allaient sedivertir. Aujourd'hui, tout cet espace est couvertdhôtels ; mais ces constructions ne remontent quaumilieu du xvn e siècle.

(1) On est à peu près daccord pour fixer auxii siècle la date de la fondation du monastère defemmes appelé lAbbaye Saint-Antoine, et qui étaitplacé dans le faubourg de ce nom, sur la chaussée,devenue aujourdhui la grande rue du faubourg.Les murs de lenclos de cette abbaye confinaientaux terres du domaine royal de Reuilly. Légliseétait une œuvre du xm' siècle; les bâtiments ontété reconstruits presque entièrement au commen-cement du xvii'. Labbesse était dame de tous lespetits villages du territoire compris entre la Seine etPopincourt , ou Pincourt. Lenclos du monastère étaitentouré de murs et de fossés, et les jardins et ver-gers étaient vastes. En entrant, on rencontrait unecour conduisant de la chaussée Saint-Antoine àléglise et aux cloîtres; les grands bâtiments deservice étaient à gauche de cette entrée. Cette dis-position na pas changé malgré les reconstructions.

{2) La Courtille a pris son nom des jardins et desvergers qui se trouvaient de ce côté. En 1175, celieu sappelait le clos Maleoart. Au xiv e siècle, aprèslexcès de prospérité de lordre du Temple , et aveclargent quil répandait autour de lui, ce quartierse couvrit de petites maisons et de guinguettes quibordaient la chaussée de Belleville . Auprès des coteauxde Belleville, il y avait un lieu nommé Poitronvilleou Pétri villa, avec fermes et pressoirs pour les vignesqui couvraient le versant. Des maisons de cultiva-teurs et vignerons sélevaient près de la butte. Cestaujourdhui le faubourg du Temple et Belleville .

(3) Saint-Laurent est de fondation très-ancienne.Cette abbaye fut sans doute ruinée par les Nor-

mands , et il est à croire quelle était alors entouréedun village de quelque importance, puisquelle setrouvait sur la grande voie conduisant de Paris dans le nord de la Gaule . Si ce lieu demeura ensuitedésert, au moins relativement, il nous semble quilfaudrait lattribuer au voisinage de Saint-Martin,et ensuite au changement qui sopéra dans Paris à lavénement des Capétiens, circonstance quiamena le peuplement assez rapide de la rive droite,au détriment des villages qui se trouvaient au delàdu marais formé par le cours des ruisseaux deBelleville et de Mesnilmontant. Aussi voit-on que,en 11Û9, Saint-Laurent appartenait au prieuré deSaint-Martin. Ce fut sans doute après Philippe- Auguste que cette église devint paroisse ; son terri-toire sétendait alors très-loin dans la Ville, puisquilatteignait les Halles. Léglise est du xm' siècle,mais la nef et le fenestrage ont été remaniés etrebâtis au xv° siècle. On vient de la restaurer, delagrandir et de lenrichir dun nouveau portail,ainsi que dune flèche.

La foire Saint-Laurent se trouvait au-dessus deléglise; cétait une sorte de clos, avec des halles,ou des baraques, dans lesquelles, à certaines époquesde lannée, le marché était franc poiir les mar-chands forains. Les foires étaient un des droitsproductifs des abbayes et des seigneurs. Celle-ciavait été accordée à la léproserie de Saint-Lazare;Philippe-Auguste la transporta aux Halles desChampeaux, mais il accorda huit jours de foireannuelle sur lemplacement.

;i) On suppose que Saint-Lazare nétait autrechose que labbaye de Saint-Laurent. Dès le xu' siè-cle, en effet, il existait une léproserie sur lempla-cement de Saint-Lazare. Il y aurait lieu de sétonnerque cette maison eût remplacé labbaye de Saint-Laurent, qui devait être voisine de léglise; maisnous comprenons parfaitement que Saint-Lazare etson clos aient été une ferme dépendant de Saint-Laurent, avant de devenir une léproserie. Le nomde Saint-Lazare, ou Saint-Ladre, était donné alorsà toutes les léproseries. En 1926, on ne fait men-tion que de la maison de Saint-Lazare, domus