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Paris en 1380 : plans de restitution ; histoire générale de Paris / par H. Legrand
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LÉGENDE DU PLAN.

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g. La Grange-Batelière P).

Il, h. La Butte des Moulins et le Marché aux Pourceaux®.

i. Les Tuileries du faubourg Saint-Honoré

j. La Chapelle des Martyrs (Paris et ses Histor. p. 93 i ).

Sancti Lazari, du maître et des fr'eres, et non dunabbe'. Ces titres ne peuvent sentendre dun mo-nastère régulier, mais ils sappliquent très-bien àune communauté dhôpital, de Maison-Dieu, etmême de Chevaliers de Saint-Lazare. Cependanton voit, aux xiv' et xv' siècles, des maîtres qui sequalifient de prieurs. A côté du couvent, ou hôpital,qui donnait sur la rue Saint-Denis, nommée alorsla chaussée Saint-Lazare, se trouvait, au xiv siè-cle, la ferme de la maison, avec une cour lonremarquait une mare et un colombier. Elle étaitsituée dans la direction du grand clos Saint-Lazare,au milieu duquel sélevaient les buttes et le calvaire.

Aujourdhui, la maison de Saint-Lazare existeencore dans le haut du faubourg Saint-Denis. Leclos est occupé par la gare du chemin de fer du Nord et lhospice de La Riboisière. Il est traverséen hiais par le boulevard Magenta et la rue La-fayette.

Avant le xiv* siècle, le chemin tournait à droiteet allait gagner la grande voie derrière Saint-Lau-rent; on évitait ainsi la montée assez rude ducontre-fort de Montmartre .

(l) La Grange-Batelière était située à peu près àlendroit se trouve maintenant la salle de ventesdes commissaires-priseurs. La voie qui va delà ruedu Faubourg-Montmartre à cette salle porte encorece nom, et lon se rappelle que la mairie de lanciendeuxième arrondissement de Paris formait, en facede la rue Richelieu, un coude encore indiqué parlîlot de maisons qui est à droite de la rue Drouot.La Grange-Batelière appartenait à lévêque de Paris .On la connaît depuis Louis le Débonnaire . Le noma été très-discuté. Au xm° siècle on écrit : Gran-chia Batilliaca et Granchia-Bail-Taillée; en i3o8 :Grange-au-Gastelier; puis Bateillère, Batalière etBattelier. Au xvi e siècle, on dit, comme aujour-dhui, Grange-Batelière. Ce vaste territoire étaittraversé anciennement par des ruisseaux, qui per-mettaient dentretenir des prés et des jardins ma-raîchers. Au xiv e siècle, lévêque, nétant plus queseigneur suzerain, navait pas conservé la propriétéutile de ce fief, qui était possédé par Guy, comtede Laval . Ce lieu, et plus spécialement la ferme etla grange, étaient entourés de murs et de haies, ce

qui peut lui avoir fait donner anciennement le nomde Tudella et Tutela.

Quant à lorigine du mot Batelière, nous ne ver-rions aucun inconvénient à lui restituer ici sa si-gnification ordinaire ; des cours deau passaient dansces cultures, et ils étaient fort abondants, puisquilscausaient parfois des inondations. If se peut doncque, à une époque plus ou moins reculée, la Grange-Batelière ait eu un cours deau dans ses environs,peut-être même un baleau pour passer les gens deMontmartre , et que ce souvenir ait maintenu, parmile peuple, qui crée et corrompt souvent les noms,lappellation qui sest conservée jusquà nos jours.

(2) La Butte des Moulins, depuis nommée deSaint-Boch, est lespace compris entre la rue Saint-Honoré, la rue Saint-Roch et la rue Neuve-des-Petits-Champs; du côté de la rue Richelieu, elleavait été tranchée pour faire passer lenceinte. Ondit que cette butte était une ancienne voirie, dépôtdimmondices, comme la butte des Coupeaux etcelle du Mont-Parnasse; sil en est ainsi, ce dépôta être fait à une époque bien ancienne, car labutte est énorme, et elle létait encore davantage.Le nom de Butte des Moulins est celui qui lui con-vient, pour la date de i38o, puisque Saint-Rochnexiste que depuis 1 5>.5 au plus. Auparavant, il yavait, au bas de la butte, une grande propriéténommée lhôtel de Gaillon , qui a donné son nom àune rue de ce quartier ; cet hôtel possédait une petitechapelle, dite de Sainte-Suzanne. En dehors de laporte Saint-Honoré, on avait bâti, comme cela sefait chaque fois quun péage sétablit et quon veutsy soustraire. Deux moulins à vent sélevaient surle point culminant de la butte, et lui donnèrent lenom quelle portait.

Vers lorient, et dans un emplacement de formetriangulaire, qui longeait la contrescarpe des fossesde la nouvelle enceinte, on avait établi le Marché-auæ-Pourceaux et la Justice , qui, auparavant setrouvaient au cloître Saint-Honoré, dans un endroitdisposé de même, par rapport à la première portede lenceinte de Philippe-Auguste.

(3 > Ces tuileries occupaient, en 1 38o. la placeplus tard on construisit le palais des Tuileries ; maiselles ne sétendaient pas sur tout lemplacement que