LÉGENDE DU PLAN.
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g. La Grange-Batelière P).
Il, h. La Butte des Moulins et le Marché aux Pourceaux®.
i. Les Tuileries du faubourg Saint-Honoré
Sancti Lazari, du maître et des fr'eres, et non d’unabbe'. Ces titres ne peuvent s’entendre d’un mo-nastère régulier, mais ils s’appliquent très-bien àune communauté d’hôpital, de Maison-Dieu, etmême de Chevaliers de Saint-Lazare. Cependanton voit, aux xiv' et xv' siècles, des maîtres qui sequalifient de prieurs. A côté du couvent, ou hôpital,qui donnait sur la rue Saint-Denis, nommée alorsla chaussée Saint-Lazare, se trouvait, au xiv” siè-cle, la ferme de la maison, avec une cour où l’onremarquait une mare et un colombier. Elle étaitsituée dans la direction du grand clos Saint-Lazare,au milieu duquel s’élevaient les buttes et le calvaire.
Aujourd’hui, la maison de Saint-Lazare existeencore dans le haut du faubourg Saint-Denis. Leclos est occupé par la gare du chemin de fer du Nord et l’hospice de La Riboisière. Il est traverséen hiais par le boulevard Magenta et la rue La-fayette.
Avant le xiv* siècle, le chemin tournait à droiteet allait gagner la grande voie derrière Saint-Lau-rent; on évitait ainsi la montée assez rude ducontre-fort de Montmartre .
(l) La Grange-Batelière était située à peu près àl’endroit où se trouve maintenant la salle de ventesdes commissaires-priseurs. La voie qui va delà ruedu Faubourg-Montmartre à cette salle porte encorece nom, et l’on se rappelle que la mairie de l’anciendeuxième arrondissement de Paris formait, en facede la rue Richelieu, un coude encore indiqué parl’îlot de maisons qui est à droite de la rue Drouot.La Grange-Batelière appartenait à l’évêque de Paris .On la connaît depuis Louis le Débonnaire . Le noma été très-discuté. Au xm° siècle on écrit : Gran-chia Batilliaca et Granchia-Bail-Taillée; en i3o8 :Grange-au-Gastelier; puis Bateillère, Batalière etBattelier. Au xvi e siècle, on dit, comme aujour-d’hui, Grange-Batelière. Ce vaste territoire étaittraversé anciennement par des ruisseaux, qui per-mettaient d’entretenir des prés et des jardins ma-raîchers. Au xiv e siècle, l’évêque, n’étant plus queseigneur suzerain, n’avait pas conservé la propriétéutile de ce fief, qui était possédé par Guy, comtede Laval . Ce lieu, et plus spécialement la ferme etla grange, étaient entourés de murs et de haies, ce
qui peut lui avoir fait donner anciennement le nomde Tudella et Tutela.
Quant à l’origine du mot Batelière, nous ne ver-rions aucun inconvénient à lui restituer ici sa si-gnification ordinaire ; des cours d’eau passaient dansces cultures, et ils étaient fort abondants, puisqu’ilscausaient parfois des inondations. If se peut doncque, à une époque plus ou moins reculée, la Grange-Batelière ait eu un cours d’eau dans ses environs,peut-être même un baleau pour passer les gens deMontmartre , et que ce souvenir ait maintenu, parmile peuple, qui crée et corrompt souvent les noms,l’appellation qui s’est conservée jusqu’à nos jours.
(2) La Butte des Moulins, depuis nommée deSaint-Boch, est l’espace compris entre la rue Saint-Honoré, la rue Saint-Roch et la rue Neuve-des-Petits-Champs; du côté de la rue Richelieu, elleavait été tranchée pour faire passer l’enceinte. Ondit que cette butte était une ancienne voirie, dépôtd’immondices, comme la butte des Coupeaux etcelle du Mont-Parnasse; s’il en est ainsi, ce dépôta dû être fait à une époque bien ancienne, car labutte est énorme, et elle l’était encore davantage.Le nom de Butte des Moulins est celui qui lui con-vient, pour la date de i38o, puisque Saint-Rochn’existe que depuis 1 5■>.5 au plus. Auparavant, il yavait, au bas de la butte, une grande propriéténommée l’hôtel de Gaillon , qui a donné son nom àune rue de ce quartier ; cet hôtel possédait une petitechapelle, dite de Sainte-Suzanne. En dehors de laporte Saint-Honoré, on avait bâti, comme cela sefait chaque fois qu’un péage s’établit et qu’on veuts’y soustraire. Deux moulins à vent s’élevaient surle point culminant de la butte, et lui donnèrent lenom qu’elle portait.
Vers l’orient, et dans un emplacement de formetriangulaire, qui longeait la contrescarpe des fossesde la nouvelle enceinte, on avait établi le Marché-auæ-Pourceaux et la Justice , qui, auparavant setrouvaient au cloître Saint-Honoré, dans un endroitdisposé de même, par rapport à la première portede l’enceinte de Philippe-Auguste.
(3 > Ces tuileries occupaient, en 1 38o. la place oùplus tard on construisit le palais des Tuileries ; maiselles ne s’étendaient pas sur tout l’emplacement que