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k. L’Abbaye royale de Montmartre ® ( Paris et ses Histor. p. a31).
l, 1,1. Le Ruisseau, et plus tard l’Égout de Mesnilmontant, traversant les jardins maraîchers
m, m. Les Moulins à vent de Montmartre et les carrières à plâtre.
n. Lieu dit plus tard les Porciierons.
2° RUES.
1. Le Chemin des Vaches®.
devait couvrir ce palais; il y avait, au delà, desmaisons de plaisance, mêlées aux cabarets et auxmagasins, et dans l’une d’elles des princesses seretirèrent pour recouvrer la santé.— Aujourd’hui,cet emplacement est occupé par le palais et sonjardin, du Carrousel aux Champs-Elysées .
(l) Vabbaye de Montmartre remonte à une époquetrès-reculée. Avant l’introduction du christianismedans les Gaules , il y avait certainement, sur lepoint culminant de la butte, un monument reli-gieux celtique ou gallo-romain. De plus, dès lespremiers temps de Lutèce, il a dû être établi, surcette éminence isolée, un service de signaux; onsait qu’une ligne de ce genre existait par Pontoise,Mont-Javoult, près Gisors , etc. dans la directionde la mer. L’Abbaye, dont l’église accuse l’archi-tecture des x'et xi" siècles, doit, par ses substruc-tions, remonter encore plus haut. Elle fut ruinéeaussi par les Normands, et subit depuis lors biendes vicissitudes. Vers la (in du xiv' siècle, elle secomposait de l’église, d’un cloître et de bâtimentsdisposés sur les escarpements de la butte, en contre-bas desquels s’étendaient les jardins étagés et murés,avec des tours et des tourelles aux points saillants.En avant du monastère était le village. ou plutôtles dépendances d’un monastère de cette impor-tance, habitées par les chapelains, les gardiens etles vassaux armés. Des murailles et une porte, ducôté du midi, et des poternes, du côté de la croupede la butte, fermaient cette enceinte, qui était privi-légiée , comme dans tous les monastères de femmes.
Des moulins à blé et à plâtre couvraient le restede la butte, qui commençait à se creuser de touscôtés, notamment vers l’occident. Combien comptait-on de moulins ? Nous l’ignorons. On peut supposerpourtant qu’ils s’élevaient au nombre de vingt, aumoins, répartis à l’occident comme à l’orient. Lechemin montait suivant le versant méridional, etjiassait devant la chapelle des Martyrs, située aulieu où l’on croit que Saint-Denis et ses compa-gnons furent mis à mort. Celte chapelle fut re-construite. d’abord au xn e siècle, et plus tard.
quand on rebâtit le couvent à mi-côte, sur rem-placement actuel de la Mairie. — L’Abbaye a étéruinée d’une manière complète ; il ne reste actuelle-ment que l’église, dont la partie ancienne doit êtrerestaurée et conservée.
<2) Toute cette dépression de terrain qui se faitremarquer de Mesnilmontant à Chaillot, et où cou-lait ce qu’on a appelé d’abord le ruisseau, puis l’égout(parce qu’il l’était devenu), a changé plusieurs foisd’aspect et de direction. Aux premiers siècles, lorsqueles coteaux qui entourent Paris étaient, pour la plu-part, couverts de forêts,le ruisseau de Mesnilmon-tant était une rivière; on en voit les traces partoutdans le sous-sol de Paris , et la nappe souterraineexiste encore, fort vive et fort abondante. Grégoire de Tours parle même de dégâts causés par ses dé-bordements. A mesure que les défrichements s’opé-rèrent, il diminua; on le divisa en rigoles; on ledirigea vers Paris , dans les fossés et dans les fon-taines. Au xiv c siècle, il remplissait le rôle d’égout,et, à partir de ce moment, ou voit les maraîcherscreuser une multitude de puits, pour en tirer l’ar-rosage que le ruisseau leur donnait auparavant.Nous avons indiqué dans le plan le ruisseau et lesrigoles, avec l’emplacement des jardins marquantla ligne de dépréssion, ainsi que les chaussées (piitraversaient ce terrain marécageux.
(3) Le Chemin des Vaches était anciennement celuiqui longeait le côté méridional du Pré-aux-Clercs ;par suite, on donna le nom de chemin, rue ouruelle du Vachet ou des Vaches, à toutes les voiesqui conduisaient les bestiaux aux pâturages de cetterégion. La rue Saint-Dominique actuelle suit, à peude chose près, l’ancien Chemin des Vaches; car, enla bâtissant, on a dû suivre les lignes d’abornenienldu Pré. La rue Taranne a porté aussi ce nom.parce qu’elle continue la rue Saint-Dominique. Lesrues descendantes se sont aussi appelées rue desVaches, par la même raison, niais plus tard, et àmesure que l’ancien chemin se bâtissait. A l’extrémitéoccidentale du Chemin des Vaches, se trouvait la Jus tice , ou le gibet de l’abbé de Saint-Germain.