SUR L’ASTRONOMIE DES CHALDÉENS. 2 , 5 ;
donne le commencement delà première éclipse, une minute plus tard, et sonmilieu 6 minutes plus tôt ; le milieu de la seconde, 48 minutes plus tôt; le com-mencement de la troisième , 3 o, et son milieu 12 minutes plus tard ; le commen-cement de la quatrième 4g environ, et son milieu 64 minutes plus tôt ; le milieude la cinquième, 1 5 minutes plus tard; le milieu de la sixième, 12 minutesplus tard et le milieu de la septième, de 35 minutes a peu près plus tard que nele marquent les relations de ces observations chaldeennes. Les grandeurs de ceséclipses se trouvent, dans quelques-unes, d’un doigt plus petites, peut-être parl’effet de la pénombre qui fait paroître les éclipses un peu plus fortes qu’elles nesont véritablement. Ces différences de temps prises partie positivement, partie néga-tivement , sont en total assez peu considérables, pour nous remplir de confiance ennos tables astronomiques, qui s’accordent si bien avec l’état passé du ciel dans unespace de vingt à vingt-cinq siècles, et pour nous convaincre de l’exactitude biendémontrée des observateurs chaldéens, quand surtout nous réfléchissons au peu demoyens qu’ils av oient, manquant de nos montres et de nos horloges, pour trouverle temps, surtout la nuit. Mais avant que de passer à ces remarques et à d’autressemblables auxquelles les observations donneront lieu , je dirai quelque chose desobservateurs même et de leur observatoire.
Les Grecs nous représentent généralemènt les Chaldéens, non comme un peupleparticulier, mais comme les prêtres de Belus, le Dieu national de Babylone, etcomme une classe d’hommes savants dans cette ville. C’est ainsi qu’Hérodote (1)les nomme Prêtres de Jupiter Belus ; Strabon (2), les Sages du pays ; et Diodore ( 3 ),des hommes qui appartenant aux plus anciens Babyloniens , forment dans l’étatun corps de même nature que les prêtres chez les Egyptiens. Etablis pour vaquerau culte des dieux , ils pasent leur vie à l’étude de la philosophie et de l’astro-nomie , dans laquelle ils ont acquis une grande réputation. Ils s’adonnent aussi àla divination, « choses qu’ils n’apprennent ni n’exercent à la façon des Grecs quicultivent les mêmes sciences ; car chez eux la philosophie est le partage dequelques familles, le fils la reçoit de son père, et tous ceux qui y sont consacréssont exempts de toutes charges publiques ». On reconnoît ici la constitution enforme de caste , d’une communauté de prêtres. On sait que de tout temps, dansla plupart des états de l’Orient, chaque classe du peuple a eu ses fonctions, sesétudes ou ses occupations mécaniques, attribuées à elle seule : et à Babylone,comme l’on voit, l’astronomie etoit le partage des pretres, comme elle l’est encoreaujourd’hui chez les Hindous.
L’astronomie dégénéra bientôt en astrologie chez les Chaldéens, ou plutôtcette dernière fut la mère et la nourricière de l’autre ; car l’astronomie dut
(1) I. (a) XYI. 8 . ( 3 ) II. 39.