160 MÉMOIRE
dévoient expliquer le songe de Nebucadnezar, et qui, à la vérité, paroissentressembler beaucoup aux Clialdéens, aient été nommés Chasdim ? Je ne pons-serai pas plus loin mes réflexions sur cet objet. Je ferai seulement une re-marque qui a échappé à tous ces scrutateurs modernes, c’est que Ptoléméecite du huitième siècle avant Jésus-Christ, trois observations des Chaldéensqui ne peuvent pas être les premières qu’ils aient faites. Belus, devenu, aprèssa mort, le dieu de Babylone , où il avait régné pendant sa vie, avait, aucôté oriental de l’Euphrate qui traverse cette ville, un temple construit debriques dont les anciens parlent avec admiration. Suivant la description qu’Hé-rodote en fait après l’avoir vu, c’étoit un carré dont les côtés avoient deuxstades de tour. Du milieu de cette enceinte s’élevoit une tour composée dehuit étages, ou plutôt de huit tours, dont, selon Hérodote et Strabon (i) ,celle d’en bas avait un stade de longueur et de largeur, et, selon ledernier de ces auteurs, un stade encore de hauteur, avec un escalier exté-rieur qui circuloit de bas en haut autour de l’édifice jusqu’au sommet; et ledernier étage se terminoit par un temple du dieu dont la statue d’or en futenlevée par Xerxès. Il paroît qu’Hérodote y trouva d’ailleurs tout bien conservé*
A en croire Strabon, du temps d’Alexandre, environ cent ans aprèsHérodote, la tour était déjà tombée en ruines. Ce roi voulut la faire relever;mais il n’en put venir à bout. Le seul déblaiement des débris occupa dixmille hommes pendant deux mois. Diodore témoigne que les historiens varientbeaucoup (2) dans les descriptions qu’ils font de cet édifice ; et comme il esten ruines, on ne peut rien en assurer de certain et de juste ; mais ils s’accordentà dire qu’il étoit d’une hauteur prodigieuse, et que les Chaldéens y ont fait leursobservations, particulièrement des levers et des couchers des astres qu’ils pou-voient effectivement très-bien voir de si haut. »
Ce récit a beaucoup de vraisemblance, car les Chaldéens, dans des vuesastrologiques portant toute leur attention sur les levers et les couchers desétoiles, il leur falloit un bâtiment très-élevé pour découvrir, du haut dufaîte, un horizon libre autour de la ville du milieu de laquelle ils observoientle ciel. Il est remarquable que les ruines du Mukelibé décrites par Pietrodélia Valle , et que Danville et Rennell ont prises comme lui pour les restesde cet ancien observatoire, est, comme nos observatoires modernes, orientéde manière qu’il regarde, par ses quatre faces, les quatre points cardinauxdu monde 5 cette circonstance est confirmée par la relation de M. Rich ( 3 ),qui a depuis peu visité les ruines de Babylone, et c’est aussi ce que M. Gro-bert affirme de toutes les pyramides d’Egypte (1).
(1) XVI. 8. (a) II. g. (3) Fumlgruben des Or. T. III
(4) Descript. des pyram.