SUR L’ASTRONOMIE DES CHALDÉENS. 161
Après cette digression qui m’a paru ne devoir pas être absolument inutilepour l'intelligence de ce qui va suivre, je retourne aux observations des Chal-déens dans Ptolémée, pour voir quelles conséquences on peut en tirer en fa-veur de leurs connaissances astronomiques.
D’abord, il est évident qu’il a fallu qu ils eussent une manière déterminéeet invariable de supputer le temps. Toutes les observations astronomiques desanciens sont liées à Père de Nabonassar et aux mois égyptiens. Cette èreest ainsi nommée d’un roi de Babylone avec la première année du règneduquel elle commence. La forme des années selon lesquelles elle compte esttrès-simple , puisque ce sont des années égyptiennes de trois cent soixante-cinqjours généralement; et en remontant, par un calcul très-aisé, depuis la datede quelque ancienne observation, on trouve que l’époque de cette ère est le26 février de l’an y 47 avant notre ère chrétienne. Il est dit dans le Syncelle ,auteur byzantin qui nous a conservé beaucoup de fragments d’écrits aujour-d’hui perdus (1), que les Chaldéens n^ont commencé que de Nabonassar àdonner exactement les temps périodiques des astres. Il paroît donc que cefut sous ce roi, qui peut-être leur rendit le même service que Jule-Césaraux Romains, que les Chaldéens établirent le premier calendrier bien ordonnéet une ère fixe, au moyen desquels leurs observations devinrent plus usuelles,au lieu qu’auparavant elles pouvoient manquer de précision, d’ensembleet de concordance.
Pour ce qui est de la forme de leurs mois et de leurs années propres, 011n’en trouve aucune trace nulle part; mais j’ai cherché ailleurs à montrer, aumoins d’une manière très-vraisemblable, qu’ils mesuroient les mois par lalune, et les années par le soleil (1), ou, en d’autres termes, qu’ils avoientune année liée. Si cela est effectivement, les dates égyptiennes de leurs obser-vations sont le résultat d’une réduction faite par Ptolémée, ou par quelqu’autreastronome de ses prédécesseurs, et si cette réduction n’a pas rencontré dedifficultés insurmontables, leur supputation a dû être réglée sur des principestout à la fois justes et simples ; mais cela suppose des observations de la révo-lution du soleil et de celle de la lune, faites pendant une longue suite d’an-nées et avec le plus grand soin, et c’est ce que nous devons aussi leur supposer.
Il est également évident qu ils ont du avoir a leur disposition les moyensde déterminer, jusqu’aux moindres différences, les temps des phénomènescélestes qu’ils observoient. Avant de chercher en quoi ces moyens consistoient,disons quelques mots de la division du jour en usage chez les anciens peuples,et de leurs mesures du temps.
(1) Chronogr. (2) Recherches List, observ. astr, ane.
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