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[Première partie.]
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J 64 MÉMOIRE

Maintenant, si le mot pôle (i) signifie dans Hérodote une horloge solaire, pour-quoi y ajoute-t-il le mot gnomon, celui-ci signifiant une partie de toute hor-loge solaire, c’est-à-dire, le style qui donne l’ombre? c’est la question que faitLarcher : il lui semble naturel qu’Hérodote, à l’occasion de l’horloge solaire qui,selon lui, est désignée par le mot gnomon , fasse mention du pôle du monde,parce que , pour construire une horloge solaire , il faut connaître la hauteur dupôle, afin de placer le style parallèlement à l’axe du monde. On voit par-làque Larcher n’avoit aucune idée de la disposition des horloges solaires des an-ciens. Hérodote pouvoit tout aussi bien parler à la fois des pôles et du gno-mon , que Suidas de.I’horloge et du gnomon, quand il attribue à Ànaximandrel’introduction de l’un et de l’autre. Le gnomon étoit, chez les Grecs, mêikesans être accompagné de lignes horaires , toute aiguille, bâlon, obélisque, ouautre objet vertical, qui montrait exactement, par son ombre, l’heure do midiet les autres parties du jour, et même par la longueur de l’ombre, à midi, lestemps et les saisons de l’année , surtout aux jours des équinoxes et des solstices,que l’on observoit depuis longtemps en Grèce par ce moyen. Il est en effet très-vraisemblable que ce fut Anaximandre, qui vivoit environ cent ans avant Héro-dote, qui ht le premier connoître cette invention à ses compatriotes ) car Plinedit qu’il fut le premier des Grecs qui reconnut l’obliquité de l’écliptique , et qu’ilconclut naturellement delà la comparaison des ombres du gnomon, observées àmidi en divers temps. Diogène Laërce ( 2 ) le fait auteur des horloges solairesdont j’ai déjà dit que Suidas lui attribuoit l’introduction. Pline (3) assure au cou- *traire qu’Anaximène, disciple d’Anaximandre , a établi le premier horologiumsciothericon. Quoiqu’il en soit, la gnomonique demeura longtemps dans cet état,et ne parvint que par les efforts des astronomes d’Alexandrie à la perfection qu’ellereçut des Grecs. Il paraît qu’au temps d’Aristoplianes on se servoit à Athènesd’un simple gnomon sans divisions horaires ; car il parle une fois d’une ombrelongue de dix pieds {çoi-^iov ^xattouv), à l’instant de laquelle chacun doit pa-raître pour souper (4) j d’où l’on peut conclure qu’au défaut d’un moyen plusexact , la longueur de l’ombre du gnomon servoit de signal pour le temps durepas.

De même qu’il est probable que les Chaldéens se servoient de l’horloge

( 1 ) Le mot pôle venant d’un verbe grec qui signifie tourner, a pu aussi bien être employé pourdésigner un instrument destiné à montrer les heures par la circulation de l’ombre d’un stylevertical, autour du pied de ce style, qu’à signifier les points sur lesquels tonrneut le ciel etle globe terrestre.

( 2 ) Vilæ Philos. II. (3) H. n. n.

(4) Ecclcs. V. 65 2 . Pollux Yl et Casaub. ad Adhen. YI.

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