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[Première partie.]
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SUR L’ASTRONOMIE DES CHALDÊENS. 167

attention qui suppose diverses connoissances et des préparatifs que l’on estordinairement porté à n’accorder qu’aux astronomes grecs les premiers. On nepeut douter qu’effectivement ceux-ci n’aient agi. de cette manière quand ilsvouloient trouver avec quelqu’exactitude les instants de leurs observations ,puisque nous lisons dans Théon' 1) « que l’on conclut les heures nocturneset celles des éclipses de lune, de la révolution des étoiles fixes ». Mais lesobservations faites par Ptolémée et les autres Grées, ne se trouvent pas, en.remontant par le calcul ,, plus exactes que celles des Chaldéens. Ceux-ci n’au-roient-ils donc pas employé quelque méthode semblable (2) ?

Diodore qui nous a appris tant de choses, concernant l’astronomie et l’astrologiedes Chaldéens, dit qu’ils regardoient la lune comme la plus proche et la plus petitedes planètes, qu’ils ne lui donnoient qu’une lumière empruntée, et qu’ils attri-buoient ses éclipses à son immersion dans l’ombre de la terre. Il ajoute :« Quant aux éclipses de soleil, les explications (3) qu’ils en donnent sont desplus foibles, et ils ne se hasardent pas à les prédire ni à en déterminer lestemps. » On voit clairement, d’après un pareil témoignage, que Diodorecroyoit les Chaldéens assez habiles pour pouvoir au moins annoncer des éclipsesde lune ; c’est ce qu’ils ont fait réellement, et c’est la troisième conclusionque les observations qui nous restent d’eux encore, nous autorisent à tirer.•Comment, en effet, auroient-ils pu, avec leurs moyens de déterminer letemps, donner le moment du commencement véritable d’une éclipse de lune,s’ils n’avoient été avertis que par la pénombre qui précède de quelques ins-tants l’obscuration réelle, de se tenir attentifs au phénomène entier?

Il est impossible qu’ils n’aient pas eu des tables astronomiques, qui sontle résultat d’une longue suite de recherches théorétiques sur les révolutionsdes corps célestes. Us peuvent donc avoir été conduits à pouvoir prédire leséclipses de lune, par la période si connue de 2z5 mois synodiques, qui ramènecet astre, relativement à ses nœuds et à son apogée, presqu’au même pointd’où il est parti ; et qui fait par conséquent revenir les éclipses de lune , pourles lieux de la terre, et celles de soleil au moins pour le centre du globeterrestre , dans le même ordre de temps et de grandeur. Il est très-certainque les Chaldéens connoissoient cette période. Car Ptolémée au commencementde son livre IV, où il traite du mouvement moyen de la lune , donne à ceuxqui l’ont trouvé, le titre d ’anciens mathématiciens. « Ceux qui sont plusanciens encore, continue-t-il, ont découvert que la lune, en 6585 jours et8 heures, retourne 223 fois au soleil, 289 fois a son apogée, 242 fois à sonnœud, et avec un excédent de io d 4 1 ' > au m ême point de l’éclip-

( 1 ) Comm. in Alm. I. 8.

( 2 ) II e conclusion.

(3) L. U , p. i45.