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[Première partie.]
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i 68 MÉMOIRE

tique. Pour avoir des jours entiers, ajoute-t-il, ils ont triplé cette période,et sous cette forme ils l’ont nommée e^eXiyg.o;, (terme qui, emprunté de latactique, signifie évolution entière. ) Géminus ( 1 ) qui l’emploie dans la mêmeforme et dans le même sens, dit que les Chaldéens avoient d’apres elle conclule mouvement diurne moyen de la lune, de i3 d io' 35"; ce qui s’accorde,à une seconde près, avec le résultat des observations des modernes. Nousvoyons par-là à qui appartient proprement cette évaluatiou. Suidas, qui lafait faussement de 222 lunaisons , l’appelle saros ( 2 ), c’est-à-dire, périodelunaire, sans doute du mot chaldéen sahara , lune.

On ne peut s’empêcher d’être étonné, en examinant ces nombres, de la précisionque les Chaldéens ont apportée dans la détermination du moyen mouvement dela lune et des périodes du retour de son anomalie. Ils trouvèrent par-là lemois synodique moyen , ou le temps du retour de la lune au soleil, seule-ment de 4 \ secondes trop grand ; et le mois périodique ou le temps duretour de la lune au même point de l’écliptique, d’une seconde seulementtrop fort. Ils connoissoient aussi déjà la durée de l’année tropique de 365 jours6 heures. Car puisque, comme ils le savoient, la conjonction du soleil et dela lune se fait au bout de 65o5 jours et 8 heures, de io d 4°' de pl us versl’orient, il faut que pendant cet espace de temps le soleil ait parcouru 18fois 36o d et io d 4°' 5 ce qui donne pour une seule de ces révolutions 365jours j. Soit donc qu’ils aient trouvé ces io d 40 " P ar une observation immé-diate , où qu’ils les aient déduits de la durée de l’année solaire de 365 \, joursqui leur étoit connue d’après d’autres principes , il n’importe, cette durée devoitleur être connue.

La période de 2 a 3 lunaisons une fois connue leur fit bientôt prévoir uneéclipse de lune après une autre. Ils ne purent pas appliquer aussi immédiate-ment cette période aux éclipses de soleil, à cause de la parallaxe; et s’il enfaut croire Diodore dans le passage que j’ai cité de lui, ils n’ont eu qu’uneconnoissance très-imparfaite de ces derniers phénomènes. Je doute qu’ils lesaient entièrement négligés, comme Bailly les en accuse dans son histoire del’astronomie ancienne; du moins , on ne peut pas conclure de ce que Ptolémée11 e rapporte d’eux aucune éclipse de soleil, qu’ils n’en ont pas observées. Si,comme Hérodote le raconte, Thalès a réellement prédit aux Ioniens l’éclipsetotale de soleil qui mit promptement fin à la bataille des Mèdes et des Ly-diens , il ne peut avoir prévu cette éclipse , qu’au moyen de quelque cyclelunaire (3), qu’il aura su avec quelque connoissance de la parallaxe appliquer

( 1 ) Introduction, c. i5. (•>,) A. u mot aapoi.

(3; Eudemus dit en effet, dans un fragment qui nous a été conservé par Ànalolius (Fabric.