Band 
[Première partie.]
Seite
169
JPEG-Download
 

SUR L’ASTRONOMIE DES CHALDÉENS. 169

aux éclipses de soleil, pourquoi les Chaldéens n’en auroient-ils pas connu aussibien l’effet, au moins en gros et imparfaitement?

On leur attribue ordinairement encore deux autres périodes, celle de 19 ans,si importante pour le calcul, et celle de 600 années. La première qui ramèneles phases au même jour et presqu’à la même heure de l’année solaire après 235lunaisons, doit leur avoir été bien connue , s ils ont eu effectivement une annéelunaire liée et aussi parfaite qu’on est obligé de la leur reconnaître ; on trouvedans les antiquités judaïques de Josephe ( L. 1.) une mention obscure de laseconde de ces deux périodes, sur laquelle D. Cassini, Goguet, Mairan , Legentilet Bailly ont bâti un système entier de conjectures et de conséquences dont ilseroit trop long d’examiner ici les preuves et la fausseté.

Si l’on réfléchit mûrement et sans prévention sur ce que je viens d’exposer,on sera forcé d’avouer que les Chaldéens ont dû poursuivre leurs observationspendant des siècles entiers, pour déterminer les moyens mouvemens du soleil etde la lune avec autant de précision que les donne la période de 223 lunaisons,et surtout si l’on se souvient que chez eux l’astronomie n’étoit pas comme cheznous un bien commun , mais qu’elle n’appartenoit qu’à une caste particulière,dans laquelle ses progrès furent toujours trës-lents. Je ne voudrois donc pas,d’apres cette réflexion, nier avec autant de dédain que le font quelques savansallemands, ce que dit Simplicius, que Callisthène avoit envoyé de Babylone àson maître Aristote, une suite d’observations astronomiques qui einbrassoientun espace de 1903 ans avant Alexandre. Si l’on dit qu’il ne s’en trouve aucunetrace dans les nombreux écrits que nous possédons de ce grand philosophe,on est donc dans l’erreur , car dans le second livre du Ciel, il dit en parlant del’occultation de mars par la lune : les Egyptiens et les Babyloniens ont fait de

Bill. gr. ), que Tlialès a trouvé les périodes des éclipses. Ici, trouver, c’est tenir de l’Orient. Si l’ondoit ajouter foi à cet auteur qui vivoit dans le troisième siècle , les anciens Grecs u’ont rien rappoitéde l’Orient (où ils alloient cependant pour y puiser des connoissances ) et ils ont tout inventé ; Thaïes,par exemple , que l’angle dans le demi-cercle est droit. La mode a prévalu actuellement en Allemagnede décider ainsi ; ce seroit une hérésie que d’être d’un autre avis. C’est ce que j’ai dit dans un compterendu de mes recherches historiques , quoique je me sois gardé aussi soigneusement qu’il m’a e'té

possible, de toute partialité en faveur des Orientaux. Nous serions cependant plus raisonnables, sinous voulions être aussi justes que l’ont été les Grecs eux-mêmes ( je parle des premiers d’entr’euxqui pensoient, et non des derniers qui ne savoient que compiler les pensées desautres). Tel futl’auteur de l’Epinomis, qui, après avoir parlé des connoissances astronomiques venues des p aysétrangers, dans le passage que j’ai cité de lui en note , conclut par ces mots: 0 Regardons toujourscomme perfectionné par les Grecs , tout ce que les Grecs ont teçu des barbares. Aa.6uu.ev , 'oriirsp av èlïrive; fizpSapuv rrapaXâêeousv , xzïltov toüto sij vûoç à7t5f)ya',0VTat. Le SC11S est clair , les motsn’ont pas besoin de correction ni de modification,

2

r.

32