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[Première partie.]
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SUR LE CYCLE DE MÉTON. 181

mesurer leurs mois par la lune, comment un calendrier qui s’écartoit souventd’un ou de plusieurs jours, et même d’un mois entier, de la supputation ordi-naire dans la vie civile, ( car l’arrangement des mois intercalés étoit naturelle-ment tout autre dans la période de dix-neuf ans, que dans celle de huit),comment un tel calendrier auroit-il pu diriger le cultivateur dans ses travauxchampêtres, sans l’égarer entièrement P Et comment ce calendrier auroit-il obtenula vogue immense dont il jouissoit dans la Grece, suivant Aratus et son scho-liaste, et suivant Diodore et d’autres auteurs, s’il n’eût pas marché de pair avecla supputation civile du temps ? Je ne veux rapporter ici que les paroles deDiodore, sur lesquelles je reviendrai dans la suite. Il dit ( L. xxi. 36. ) : « Dansla quatrième année de la 86 e olympiade, Méton, fils de Pausanias, célèbre parses connoissances en astronomie, proposa son ennéadécaëtéride à Athènes, la-quelle commençoit au treize du mois scirophorion. Cet homme a été très heureuxdans l’annonce des apparitions des étoiles; car elles se meuvent conformément àl’exposé qu’il en a fait, et elles ramènent les changemens de température,comme il les a prédits; c’est pourquoi la plupart des Grecs employent encorejusqu’à présent l’ennéadécaëtéride, et toujours avec succès». Or dans la plupartdes Grecs, se demande Dodwell, en citant ce passage, ne comprendrons-nous pasles Athéniens concitoyens de Méton P

Mais si le cycle de dix-neuf ans étoit effectivement en usage dans la viecivile, comment accorder avec cela les paroles de Géminus qui semblentprouver le contraire ? Cet écrivain si précis et si exact voulant au commence-ment de son sixième chapitre, expliquer la nature des mois grecs, s’exprime ences termes : « La durée des mois, qui se mesure par la lune , est juste de 29 \ jjjours , mais pour les affaires civiles , on ne la fait que de 29 f jours, de sorte quedeux mois contiennent 5 ç) jours, et pour cette raison les mois sont comptés alter-nativement pleins et caves ». Après cette remarque générale, il passe aux diffé-rentes périodes lunaires; il parle d’abord de celle de huit années, et il y répètela même chose en ajoutant que l’année contient six mois pleins et six mois caves,en tout 354jours. Plus loin, au contraire, il dit de la période de dix-neuf ans,quehe ne compte pas les mois alternativement pleins et caves, mais que parfois elle a deux mois pleins qui se suivent immédiatement.

Pétau regarde tout cela comme décisif; Dodwell pense au contraire que les mots7 :pèç TtoJuTixïiv àycûyw ne doivent pas être entendus précisément des mois civils héca-tombæon , métageitnion et suivans, mais des comptes d impôts, de tributs, de con-tracts, de locations de maisons , de paiemens, de solde, et d autres manières civilesde calculer les temps. On sait qu’à Athènes les impositions se levoient chaque mois ;en conséquence, Dodwell croit que les mois étoient pris alternativement de 29

(1) De Vet. gtæc. rom. q. Cycl. 1.