Band 
[Première partie.]
Seite
186
JPEG-Download
 

j86 MÉMOIRE

pour construire un calendrier qui satisfît aux apparences de ces deux astres. Soitqu’il ne pût mieux faire , ou qu’il ait négligé à dessein la petite différence quis’y trouve, il donna à son cycle 6940 jours pleins, qui contiennent 9 j- heures detrop pour le soleil, et 7 f heures de trop aussi pour la lune. Comme 19 annéesde 1 z mois ne contiennent que 228 mois , et que 235 mois alternativement pleinset caves ne donnent que 6953 jours, il est évident qu’on avoit à intercaler septmois, et à compter sept mois caves dans le cours d’une période. Il s’agissoit doncdans cette restitution de la règle de Méton , premièrement d’y faire entrer desannées intercalaires; secondement de trouver le principe d’après lequel les moispleins alternoient avec les mois caves ; et enfin de lier cette règle avec le ciel,c’est-à-dire , de déterminer l’époque du premier cycle ou le premier jour du moisliécatombæon de sa première année; je vais commencer par cette dernièrecondition.

Diodore dit qu’à la 4 e année de la 85 e olympiade, année où Apseude futarchonte, Méton commença son ennéadécaëtéride au i5 scirophorion : rhvàp'/viv jcoiYioa[ièvoz à -6 privoi axipofopiwoi Tpisjcat^y.ar/j;. Scaligcr (i) et DodwellVeulent qu’on entende ce passage du premier liécatombæon tombant au i3 sciro-phorion civil, suivant l’ancienne manière de supputer. Personne ne sera surprisde trouver une pareille supposition dans Scaliger, puisque dans son système lesmois vulgaires des Grecs étoient généralement composés de 5o jours, et nes’accordoient que tous les quatre ans une fois avec la lune. Mais que Dodwell,qui avoit sous les yeux la réfutation victorieuse de ce sytême par Pétau , ait pucroire à une aussi forte anticipation du calendrier attique vulgaire, c’est cê quiest tout à fait incompréhensible.

Les paroles de Diodore ne peuvent pas avoir d’autre sens, que celui-ci: Métoncommença son calendrier de dix-neuf ans, mais non son cycle., au 13 scirophorionde la quatrième année de la 86 e olympiade. Suivant Ptolémée , il observa conjoin-tement avec Euctemon (2), sous l’archonte Apseude, le solstice d’été, au matindu 21 phamenoth ou 27 juin de l’an 432 avant notre ère, à ce qu’il paroît, parle moyen de l’héliotrope, que, suivant le rapport du scholiaste d’Aristophane (3),il avoit dressé dans le Pnpyx à Athènes, sous l’arcliontat de ce même Apseude.Si donc le 27 juin, jour du solstice, coïncidoit avec le i3 scirophorion, ce mois,comme on le verra bientôt clairement, s’accordoit avec les phases de la lune,à deux jours près tout au plus.

Mais il est évident par un passage d’Àratus, qui jusqu’à présent n’a été suffi-samment expliqué par aucun interprète, que Méton a commence son calendrier

( 1 ) De Em. T. ni. DeCycl. m.

(a) A-lmag. L. ni. p. 162.

( 3 ) Ad aves. y. 998.