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MÉMOIRE
Athéniens , le jour de la conjonction s’appeloit evvj xai vscf, la vieille et la nouvellelune, comme appartenant tout à-la-fois au mois qui finit et à celui qui com-mence, ainsi que le dit Plutarque dans la vie de Solon. Si le mois s’accordoit avecle ciel, c’étoit toujours son dernier jour, t piay.xç, trentième , nommé ainsi, mêmequand le mois n’avoit que 29 jours. Le premier jour du mois tiroit son nom devoupivia, parce que suivant la règle reçue chez les Athéniens, le croissant ne semontroit que dans le crépuscule du soir. C’est pourquoi, les jours des mois étantdéterminés chez eux par les phases de la lune , il étoit naturel qu’ils commen-çassent le jour civil au coucher du soleil, comme Pline, (1) Censorin , Macrobeet autres assurent qu’ils le faisoient.
Je trouve par des tables solaires de Zach , et par celles de la lune, de Mayer et■de Mason , que la nouvelle lune vraie , à Athènes, l’an 4 3 a avant l’ére chrétienne,le i 5 juillet, s’est montrée à 7 heures i 5 minutes du soir, temps moyen , aumoment où le soleil se couchoit. Méton doit être parvenu au même résultat àpeu près. Nous ignorons comment il a calculé. Mais au défaut de tables astrono-miques , dont les premières ont été dressées par Hipparque, le créateur de la6 cience , Méton 11’a pu partir que de quelqu’éelipse de lune, pour compter parla durée moyenne d’un mois synodique , le nombre des jours d’une syzygieà la suivante. L’éclipse totale de lune qui étoit arrivée cette année mêmele 4 mars , étoit fort commode pour ce calcul. Suivant les tables nommées ci-dessus , cette éclipse atteignit son milieu sous le méridien d’Athènes, à 10' 1 12/du soir, temps moyen. Si l’on compte depuis cet instant les 29 jours 12 heuresminutes de la durée moyenne du mois synodique , suivant la période même ,on trouve la conjonction à 7 heures 3 ç) minutes du soir du i 5 juillet, à peine unedemi-heure plus tard que par la voie directe.
Cette nouvelle lune a donc paru à la fin du jour civil des Athéniens, mais lepoint précis du temps ou Meton la placée, nous étant inconnu, on peut avoirlieu de douter si le cycle a commencé le soir du i 5 ou du 16 juillet. Scaliger sedécide pour le i 5 , Pétau et Dodwell veulent que ce fut le 16. Heureusement,il se trouve dans l’Almagestetrois observations astronomiques qui offrent un moyende terminer le doute. Car si le canon a été construit sur les principes que je netarderai pas à développer, ces observations ne s’y r’attachcnt, comme je le feraivoir, qu’au tant que le premier jour a été pris pour époque. Je ne me fais parconséquent aucun scrupule de placer le commencement du premier cycle deMéton au soir du j 5 juillet de l’an 4^2 avant notre ère, en sorte que sa pre-mière année fut la première de la 87 e olympiade. Or, si la neoinenie d’héca-tombæon a été le i5 juillet, et si le i 3 scirophorion énoncé par Diodore, ré-
( 1 ) II. N. II. J* D. n. 83. Sat. 1 .