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[Première partie.]
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MÉMOIRE

commencent: le jour à midi, ainsi que le remarque Ulug-Beig entr’autres, dansle premier chapitre de ses Epoques.

Outre cette année vague des Perses, nous trouvons encore chez eux, depuisle siècle onzième de notre ère, une année solaire fixe, de la même forme etavec les mêmes noms de mois. C’est un monument chronologique assez im-portant pour me déterminer à en parler avec toute l’étendue que me permettrontles secours et les notices que j’ai pu consulter (i).

Chardin dit, dans son voyage de Perse (2) , que l’an 465 de l’hégyre, le sultanDschélal-Eddin étant monté sur le trône le jour de l’équinoxe du printemps,les astronomes du pays en prirent occasion de lui représenter que la Providenceavoit ainsi disposé les choses, pour rétablir l’ancien usage du peuple de la Perse,de célébrer le commencement de l’année solaire au renouvellement de la nature.Ce prince y consentit, et il institua la fête du nouvel an, qui fut nomméeneurusi sultani, nouvel an royal. Ce n’est pas que l’année commence ce jour-là,car les années de tous les Mahométans sont lunaires, et cette fête est ici le jourde l’entrée du soleil dans le signe du bélier $ mais c’est parce que ce jour estcomme le renouvellement de la nature ». ( P. 167, édit. 1711, t. 3, in-4 0 . )M. Ideler ajoute d’après Chardin : « Les astrologues se rendent au palais, magni-fiquement habillés, pour observer sur leur astrolabe, l’instant de l’équinoxe 3qui est annoncé par une salve d’artillerie ; et la fête qui dure huit jours à lacour, est la seule qu’on célèbre en outre des fêtes religieuses du calendrier maho-métan ».

Tous les autres voyageurs s’accordent avec lui à dire que le neurus sultaniqueest une fête nationale chez les Persans. Pour ce qui concerne le fait historiquequi doit avoir donné lieu à l’introduction ou au renouvellement de cette fête,il me paroît très-douteux, en ce que l’ère nommée d’après Dschelaleddin n’acommencé que quelques années après son avènement au trône.

Abri-Fetah Melek Schah_, fils d’Alp-Arslan, proclamé par ses sujets sous lenom de Dschelal-Eddaulet We Eddin , ( gloire de l’état et de la religion ), étoitle troisième sultan de la dynastie des Seldschukes d’Iran , qui depuis l’an 4 3 9 >jusqu’en 5p3 de l’hégire , ont régné sur la plus grande partie de la Perse actuelleet sur quelques contrées voisines. Ses états s’étendoient depuis Antioche jusqu’àUrkend , dans le Turquestan. Il parvint à l’empire dans l’année 465 de l’hégyre ,ou 1072 de notre ère, et il mourut dans la 20 e année de son règne, avec la

(1) Dans ce nombre je comprends la Dissertation de Eunis Epoclus et anni forma vererum orien-talium , de 1 Abbé Louis Dufour deLonguerue, compilation assez mal digérée d après Golius etautres. Leips. 1^50. 4.

(2) T. III, p. 2 19 de la n. éd.