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[Première partie.]
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SUR L’ÈRE PERSIQUE.

qui est le nouveau. Les historiens de Perse écrivent que Dschemschid, roi de lapremière dynastie, nommée des Pischdadiens , institua la solemnité du neuruz,laquelle est encore aujourd’hui célébrée par les Persans , quoiqu’ils soient maho-métans , et qu’ils soient par conséquent obligés de se servir de 1 année arabique,qui est proprement lunaire ; ce premier jour fut fixé à 1 equinoxe du printemps ,au moment où le soleil entre dans le premier degré du belier ; c est pourquoi onl’appelle aussi souvent neurouzi hamcil , le neurouz du belier, pour le distinguerdu neurouzi mizan , neurouz de la balance. Feridoun, prince de la mêmedynastie, a établi, dit-on, ce dernier neurouz sous le nom de mihrgkan , et l’aplacé à l’entrée du soleil dans la balance ».

Le témoignage des livres sacrés des Parsis, sera plus convaincant que celui deshistoriens persans, car ils datent incontestablement de temps infiniment plusanciens, quand même on ne voudroit pas dans la forme où nous les avonsactuellement, les reconnoître pour être de Zoroastre lui-même. Suivant ces livres,les anciennes fêtes dans la Perse avoient rapport à de certains événemens prin-cipaux, et à de grands phénomènes dë la nature et de la création , qui sontmanifestés par les différentes saisons de l’année (i). Les plussolemnelles de toutessont le neurous et le mihrghan ou fêtes de mithra ; l’une, du printemps ; l’autre, del’automne (2). Le principe d’après lequel la religion de Zoroastre ne doit pas avoirpermis l’intercalation d’un jour, meparoît devoir être également étendu à l’inter-calation d’un mois ; c’étoit l’opinion des Desturs, savans parsis du Kerman , dansune adresse publiée par Anquelil (2) , aux Desturs de Surate , datée du jour bâdd’abanmâh en l’année nu de Jesdegird, ou 23 ardbeheschtmâh 664 de Dschela-leddin, c’est-à-dire, du 12 main. st. 1742. Les parsis de l’Inde commençoientalors , et encore vingt ans après lorsque Niébuhr les visita ( 3 ) , leur année unmois plus tard que leuis confrères on religion dans le Kerman. C’est de cela queleur parlent les auteurs de cette lettre qui attribuent cette diversité à une inter-calation. « La différence d’un mois entre nous et vous, disent-ils, est une faute $quelques-uns prétendent que l’intercalation se trouve dans la loi de Zoroastre ,mais cela est faux; elle lui est même tout à fait opposée. Quelques malheurs quenotre peuple ait essuyés , nous n’avons jamais erré en cela ».

Après cet exposé , je crois ne pouvoir mieux faire que d'admettre une an-cienne supputation persiquedes temps dans laquelle l’année étoit vague, de 365jours , et sans aucune intercalation, et ou cependant le neurous demeuroit une

(1) Exposition abrégée de la Doctrine des anciens Perses, et de leur culte divin. Zend-Àvesla.

(2) Edenkers Anhang Zum Zend-Avesta. Th. 1.

( 3 ) Voyages de Niébuhr, 2 e . p.