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[Première partie.]
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MÉMOIRE

fête de printemps. Ces deux conditions semblent ne pouvoir se concilier ensemble,mais il y a un moyen de lever toutes les difficultés.

Je rapporterai d’abord un passage jusqu’à présent inconnu, tiré de l’ouvrageastronomique d’Abu’l-Hassan-Kuschjar, qui se censerve en manuscrit dans labibliothèque de Berlin : "Voici ce qu’on y lit : « Les noms des mois persiques sontconnus. Chacun d’eux a 3 o jours, à l’exception de l’asfèndârmedmah auquelon en donne 35 . Ainsi l’année entière est de 365 jours, les cinq jours complé-mentaires sont appelés elmusterike; et voici comment on les dispose: l’annéepersique est d’environ un quart de jour plus courte que l’année solaire , ce qui enqnatre ans produit un jour, et en 120 ans un mois. C’est pourquoi les anciensPerses intercaloient un mois tous les 110 ans, ensorte que l’année intercalairecontenoit i 3 mois. Ils comptoient le premier mois de l’année deux fois, unefois au commencement, et l’autre fois à la fin de l’année , et ils attachoient lescinq jours complémentaires au mois intercalé. Le premier mois de l’année étoitcelui dans lequel le soleil entroit âu bélier. Les cinq jours complémentaires et lecommencement de l’année reinontoient d’un mois tous les 120 ans. Au temps dede Chosru-Ben-Kobad-Anuschirwan , le soleil atteignit le bélier en adermâb,et ces cinq jours furent placés à la fin d’abanmâh. Quand, cent ans après, finitla dynastie des Perses , et commença la domination des Arabes , personne ne pritsoin de suivre les règles jusqu’alors observées, et les cinq jours demeurèrent àla fin d’abanmah j ce qui dura jusqu’à l’an 3 y 5 de l’ère de Jesdegird ; époque oùle soleil entra dans le bélier , le premier jour de ferwerdinmâh ; et ce fut alors,que les cinq jours furent placés à la fin d’Asfendarmedmah ».

Ce passage présente l’ancienne supputation persique des temps sous deux facesqui sont incompatibles : car si on inséroit, tous les 120 ans , un mois de 3 o jours ,l’année étoit donc fixe, au moins dans lo «m-rcmi lequel on peut nommer tellel’année julienne , le soleil devoit, à quelque petite variation près, atteindre le bélierdans un même mois, et la série de ses entrées dans ce signe ne pou voit nullement,de 120 en 120 ans, tomber à des mois toujours différens de celui-là. Je crois doncque le premier principe, d’après lequel un mois aura été intercalé tous les 120ans, est fondé sur un mal entendu, et qu’il faut se faire, de l’établissement del’ancienne année persique , et des changemens qui y sont arrivés depuis Jesdegird ,l’idée suivante :

L’année des Perses, comme l’année des Egyptiens, contenoit généralementdouze mois de trente jours et cinq jours complémentaires qui s’ajoutoient au derniermois. Le ncurous, ou commencement de l’année, que l’on célébroit par une fête,

(1) T r . Sur ce manuscrit une notice dans la partie historique et philologique des Ment, de l’Acadcm.Roy. de Prusse. Berlin.