SUR L’ÈRE PERSIQUE. 22 3
devoit toujours arriver avec le printemps. Or comme on avoit trouvé que relati-vement aux équinoxes il retardoit d’environ 3 o jours (1) tous les 120 ans , on lefaisoit remonter d’un mois après ce nombre d’années, en sorte que depuis il tombaà ferdinmâh , ensuite à ardbeheschtmâh et ainsi de suite. Les cinq jours complé-' inentaires anticipoient toujours davantage et parcouroient ainsi avec lui tous lesmois en i 44 ° ai] S. Au temps de Nousclrirwan , le plus grand des rois Sassanides,qm règnoit vers le milieu du sixième siecle de notre ere , le neurous tomba suradermâli, et les jours complémentaires sur abanmâh (2). Le neurous auroit dûêtre transporté sur le deimâh. Mais en l’an 636 de Jés.-Chr., les Musulmans détrui-sirent avec la domination des Sassanides, la religion des mages. Le petit nombredes Perses qui restèrent fidèles à celle-ci, retint à la vérité encore l’ancienne suppu-tation du temps 3 mais sans se mettre en peine de placer exactement le neurous ,ils comptoient en même temps suivant l’ancien usage de la Perse., que nous ont faitconnoître Scliah-Choldschi dans le passage déjà cité plusieurs fois, et Alchodaidans un fragment rapporté par Pocock ( 3 ), les années, depuis l’avénernent du der-nier roi au trône , dont la date étoit, suivant les historiens persans , le premierjour de ferwerdîn. Ce mois, comme le premier de Père , fut aussi regardé commeJe premier de l’année, mais personne ne pouvoit le prendre pour tel dans l’instabi-lité du neurous. Les Arabes qui, depuis le calife Almansor , s’étoient appliqués àl’astronomie, trouvèrent l’année vague des Perses avec l’ère cle Jesdegird, três-commode pour leurs calculs, et ils la préférèrent d’autant plus volontiers quePtoîémée, leur maître dans cette science, employoit une supputation fout a faitsemblable, Père de Nabonassar ne leur offrant rien d’intelligible ; on laissa donc lesjours complémentaires à la place où on les trouva. Ce ne fut que dans la 3 y 5 eannée de .Tesdegird, ou dans la 1006 e de la nôtre, où le 1 ferwerdinmah. toinboità l’équinoxe du printemps, qui aloro répondoît au i 5 mars du calendrier Julien ,que les astronomes s’accordèrent à placer les jours complémentaires à la fin d’as-fendarmedmah, que l’on étoit déjà accoutumé depuis long-temps à regardercomme le dernier mois de l’année. Enfin , en l’année 44 ^ Jesdegird , ou 1079de notre ère, ferwerdîn commençant déjà 18 jours avant l’équinoxe du printemps,le sultan Dschelal-Eddin Melek-Scliah rétablit l’ancienne solemnité du neurus
(1) Ce n’e'toit exactement que de 29 jours, ainsi la pe'riode du neurus ne devoit être que de 116ans.
(2) On lit aussi dans Icjhrlienkclscluhcinghiri, que sous Nouschirwan , il s est fait un change-ment du neurous, ou comme on le nomme ici , une intercalation dun mois, mais que par èrreur oay nomma ardbehescht au lieu d’aban. (Hyde). Iréret rejette cette notice, parce qu’elle nes’accorde pas avec son système.
( 3 ) Ce passage est consigne dans le me'moire sur l’ère des Arabes, au précédent volume IIP dePtoîémée. II.