xviij DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
autres étoiles sont à des longitudes moindres que celles qu’elles ont dans le cataloguedes 33 étoiles du manuscrit Cela prouve que celui-ci a etc copié d’un autre, moinsancien. Par exemple, la lyre dans le manuscrit 23 g 4 , et dans la petite liste du n° 249!,sur a 4 d 3 o' du sagittaire, tandis que dans le grand catalogue du manuscrit 249'!, elleest marquée en 29' 1 i 5 ' du même signe.
Cherchons maintenant à quelles distances du point équinoxial du printems étoientalors les deux étoiles. Ptolemée dit que, l’an 127 de notre ère, régulus étoit sur 2 d 3 o'du lion, et ainsi sur 32 d 3 o' à l’orient du solstice d’été, qui étoit par conséquent aupremier degré du cancer; c’est pourquoi la longitude du cœur du lion étoit alors deI22 d ^àl’est du premier point d’arics, ou de l’équinoxe vernal.
Ces dernières listes de quelques étoiles sont de divers temps et de divers auteursbien postérieurs à Théon. -Tout eu montrant que l’astronomie ne cessoit pas d’êtrecultivée par les Grecs du bas empire, elles marquent plutôt la décadence de celtescience chez eux, que son état florissant, qu’on ne trouve à cette époque, que chezles orientaux. Le moine Isaac Argyre, en i 36 o, est le premier et le seul de ces Grecsmodernes, qui ait entrepris des tables des mouvemens célestes, pour le quatorzièmesiècle où il vivoit. Fabricius (p. 290), Harles (p 128, v. IX) et Lambccius ( 1 . 7)disent que la bibliothèque impériale de Vienne en Autriche possède une réductionmanuscrite des tables de Ptolemée aux années romaines et au méridien de Constan-tinople, par le moine Isaac Argyre, dans le quatorzième siècle. Ce seroit quelquechose d’approcliaut de la réduction que j’ai faite moi-même, non des tables, maisdes datés des observations de Ptolemée, à notre manière de compter. Ces tables d’I-saac Argyre sont dans le manuscrit 4 °° de la bibliothèque du Roi, à Paris, selonle catalogue des manuscrits de cette bibliothèque ; mais ce manuscrit 4oo ne s’y trouveplus. C’est une petite perte, quant aux tables; car étant calculées sur la longueurinexacte qu’Argyre donnoit à l’année, et sur le méridien de Constantinople , quilui étoit aussi peu exactement connu, elles ne pouvoient être que fautives, et par làtrès peu utiles. Il a écrit d’ailleurs sur les cycles lunaire et solaire, et sur les syzygies.
Au lieu de perdre le temps à se répandre en raisonnemens, tels que ceux dont les so-phistes grecs ont rempli leurs scholies, ou à nous y démontrer les choses les plus claires,ils auroient mieux fait d’observer sur la marche des astres, et d’étudier le ciel plusque les livres. Ils y auroient vu ce qui n’a pas plus manqué d’arriver de leur tempsque du nôtre, ils n’auroient pas négligé de nous transmettre ces laits naturels plutôtque des opinions; ils nous en auroient décrit toutes les circonstances, ils nous enauroient marqué les temps et les lieux, et nous ne serions pas réduits, dans le lapsdes trois cents ans écoulés depuis Théon jusqu’aux Arabes, aux seules observations deThius.
Si de la Grèce, nous jettons un regard vers l’orient, dans ces contrées qui fuient