DISCOURS PRÉLIMINAIRE. xix
le berceau de l’astronomie, nous n’y voyons en honneur que l’astrologie qui avoitremplace dans la Chaldée, la science de l’astronomie. Nous avons de la part des JuifsHillel, Rabbi, Samuel et Adda, dans le troisième siecle , des applications du cycle de19 ans à l’année judaïque, par des intercalations et des réglés pour les équinoxes, maisces écrits partis de l’école que les Juifs restés à Babylone, y avoient fondée sur lesdébris de l’ancienne astronomie Clialdéeniie, ne contiennent pas plus de faits, d’obser- vvations ni de phénomènes, que toutes les notes dont les Grecs, depuis Ptolemée,se sont plu à couvrir les manuscrits de cet auteur qu’ils semblent n’avoir pu quecommenter et copier. C’est du moins à des paraphrases ou de simples notes sur l’as-tronomie et les ouvrages astronomiques que se bornèrent les successeurs de Thiusdans l’école d’Athènes, et les autres astronomes grecs. Il raconte qu’un certain Chio-niades, mathématicien de Trébizonde, passa à Trébizonde, d’où, après y avoir faitvisite au grand Comnène, il passa en Perse, et qu’il en rapporta la constructionastronomique et d’autres ouvrages d’astronomie, qu’il traduisit en grec.
Le médecin Georges Chrysococcas avoit déjà composé ses tables manuelles persannesen grec, sous le même titre itpôxeipoi xavove; que Ptolcmée et Théon avoient donnéaux leurs. Chrysococcas y expose les mouvemens moyens des planètes, et il ajouteà la fin un catalogue de quelques belles étoiles, et un autre des longitudes et lati-tudes géographiques de quelques grandes villes. Il disposa ses tables persiques pourson frère Charsianites qui avoit étudié l’astronomie sous Manuel à Trébizonde, etBouillaud les mit en latin, à la fin de son astronomie philolaïque, à Paris en 1645.Il a aussi traduit à la suite d’Olympiodore, l’avant-propos de Théodore Métiléniote,au livre astronomique tripartite de ce dernier qui paroît 11’étre venu qu’aprèsChrysococcasj car il fait mention de la construction persique, qui 11’étoit connue dansla Grèce que depuis le retour de Chioniades. Ce Théodore se dit né à Constantinople,sénateur et sacellaire de la grande église de cette ville, il n’est guère connu d’ailleurs.Nicéphore Grégoras l’est plus que lui par son traité de l’astrolabe ou planisphère jet Nicolas Gabasillas après lui, par son commentaire sur le 3 e livre de Ptolemée. LesGrecs postérieurs à ceux qui viennent d’clre nommés, 11e furent guèresqueles porteursdu texte de Ptolemée et de Théon en Italie. Tels sont Laurentius qui écrivit sur lesmois, pendant que Justinien régnoit à Constantinople; Léontius qui fit une petitepréparation à la sphère d’Aratus ; et Psellus dont on a un très précis d’astronomie, quine contient que des mots et quelques lignes.
Après la prise de Constantinople par les Turcs en i 453 , a 1 exception de Georges deTrébizonde qui mit l’almageste en latin, et de Bessarion qui le fit abréger parPurbachetRegiomontan , cet abrégé fut le premier rayon de 1 astronomie moderne en occident,par suite de la catastrophe qui venoit de renverser l’empire grec avec ses écoles;celle d’Alexandrie n’avoit pas tardé aussi long-temps à éprouver le même sort. Sim-plicius, l’auteur du commentaire sur le traité du ciel par Aristote, l’un des auditeurs