( 7 )
ySivovioç? On peut en tout cas concevoir une différence de trois jours entre le calen-drier macédonien et le calendrier attique. Mais passons à des argumens plus de'cisifs.
Plutarque dit ( dans la vie d’Alexandre ) que ce prince naquit le G hécatombœon,que les Macédoniens nomment loirs; et aussitôt apres il remarque que Philippe , quivenoit de prendre la ville de Potidée, reçut tout à la fois trois nouvelles trèsagréables pour lui : celle de la victoire de Parmenion sur les Illyriens, celle du prixde la course des chevaux, qu’il remportoit aux jeux olympiques, et celle de lanaissance de son fils. Ussérius, dans ses Annales, a douté de ce synchronisme;mais Sainte-Croix a prouvé la vérité de l’assertion de Plutarque à cet égard, dansson examen des historiens d’Alexandre. Il en résulte, selon lui, que la prise dePotidée appartient aux derniers mois de l’an 4 de la io 5 e olympiade, et la victoiresur les Illyriens au premier mois de la première année de la 106 e olympiade.Or, les jeux olympiques se célébroient vers le milieu du premier mois, de sorte quePhilippe put recevoir tout à la fois dans le même temps la nouvelle des deux victoiresremportées, l’une sur les Illyriens, et l’autre à la course des chevaux. Seulement, lanaissance d’Alexandre arriva un peu plus tard, parce qu’alors loüs correspondoit encoreà boëdromion, qui étoit le troisième mois. Il y a donc à la vérité, entre cette victoirede Philippe et la naissance de son fils, un intervalle de près de deux mois ; mais il nefaut pas l’entendre à la rigueur du xara rov avzov xp ovov de l’auteur, il suffit que Phi-lippe ait reçu trois nouvelles agréables peu de temps après qu’il eut pris Potidée, nonprécisément le meme jour, comme Justin l’assure, selon sa coutume de ne pas bienscrupuleusement s’attacher à la vérité, quand il a quelque remarque saillante à faire.Les devins ont donc pu dire zpicn votais myysvonsvov, Alexandre né avec trois victoires,et tirer de là une grande prophétie, comme dit Plutarque. Dans tous les cas, il résulteincontestablement du synchronisme de ces faits, quand meme on ne le prendroitpas à la rigueur, qu’Alexandre est né dans la première année de la 106 e olympiade.
Plutarque trouva dans les annales historiques où il a puisé, le mois loüs qu’il réduisitau mois hecatombreon ( et non le contraire, car pourquoi auroit-il fait celte réduction,si hécatombæon n’eut pas ete plus usité que loüs chez ses lecteurs ), dans la sup-position erronée que les deux mois correspondoient alors déjà l’un à l’autre ; chose quela lettre écrite plus tard par Philippe, ne nous permet pas d’admettre: nous devonspar conséquent placer la naissance d’Alexandre en boëdromion, comme Sainte-Croixle remarque judicieusement. Et depuis boëdromion de l’an i de la 106 e olympiade,jusqu’à tliargélion de l’an i de la 11 4 e olympiade, s ecoulerent les 3 a ans et 3 moisjuste, qu’Aristobule lui a donnés, à ce qu’assure Arrien. Il faut avouer que cela favorisebeaucoup l’opinion de ceux qui veulent qu’Alexandre soit mort vers la fin de l’an i dela il 4 e olympiade. Arrien ajoute qu’Alexandre régna douze ans, et les huit mois pen-dant lesquels il a vécu au-delà de trente-deux ans; ainsi, il doit avoir eu les vingt