( 9 )
ensuite son irruption en Thrace au printems , c’est-à-dire , dans les derniers mois del’an i de la 11 I e olympiade. Il passa l’Istrus, couvert par les grains déjà hauts, vers lecommencement de la seconde année de la ilI e olympiade; et par une marche forcée ,il transporta de là son armée en Bœotie. Il y détruisit la ville de Thèbes, dans le tempsà peu près de la célébration des mystères attiques, c’est-a-dire, dans l’intervalle du i 5au 23 boëdromion, à la fin de l’été de l’an 2 de la 111 e année, lorsqu’Euénète étoitarchonte d’Athènes. Enfin, au printems suivant, il commença à se mettre en marchepour l’Asie.
On voit qu’on n’est pas bien fondé à s’écarter de l’opinion commune des chronolo-gistes, conforme aux témoignages de Diodore et d’Arrien (1), qui assurent qu’Alexandreest monté sur le trône dans la première année de la me olympiade. A en juger par lasérie des événemens qui y sont rapportés, ce fait ne peut pas être de beaucoup pos-térieur au commencement de cette année, et par là se trouve justifié le rapport dePlutarque et d’Arrien, qui s’accordent à dire qu’il étoit alors âgé de vingt ans. Sup-posons , comme rien ne nous en empêche, son avènement à la couronne, ainsi quesa naissance, vers boëdromion, ils le font mourir en thargélion de l’an 1 de la1 i 4 e olympiade, et nous trouvons ainsi pour la durée de son règne les douze ans et leshuit mois d’Arrien. Diodore ne compte que douze ans et sept mois, ainsi qu’Eusèbedans sa chronologie (vol. I, p. a 5 i ) ; et dans un autre endroit (vol. II, p. 3 i) de cetouvrage, il ne marque que six mois; et enfin dans un autre endroit encore, il nedonne que le nombre rond de douze années.
Un nouveau motif pour transporter la mort d’Alexandre dans la dernière moitié dela première année de la n 4 e olympiade, se trouve dans la Table des Rois, si précieusepour l’histoire, et qui servit aux astronomes d’Alexandrie de moyen pour placer dansune ère fixe les années des rois, par lesquelles on comptoit alors dans la vie commune ;et sans elle il est impossible de faire aucun calcul astronomique.
Delabastie a montré, dans les mémoires de l’Académie des Inscriptions ( XII e etXIII e vol.), que les Egyptiens, au moins sous la domination romaine, ont compté lesannées de leurs souverains du i er thoth, qui avait précédé immédiatement leur inau-guration, comme premier jour de leur année, et que de cela dépend l’explication deplusieurs monnoies et médaillés frappées en Egypte. Le même principe a été égalementsuivi dans la Table des Rois, comme on le voit en comparant les jours où sont mortsles empereurs romains, avec les années qui leur sont attribuées pour la durée de leursrègnes. A la vérité, Fréret a cherché à prouver que cela n’est vrai que depuis Tibère ,et que les années où sont morts les souverains qui l’ont précédé, ne sont pas comptéesdans celles du règne de leurs successeurs ; mais une pareille variation dans une méthode
(0 L’archonte qu’Arrien nomme Pythodème, se nomme Pythodore dans Diodore. C’est la mêmepersonne, archonte éponyme de la première année de la 111 e olympiade. (V. Corsini, T. IV.)
1