Band 
[Première partie.]
Seite
17
JPEG-Download
 

( i-7 )

avoit eu lieu cinq fois, la néoménie s’en écartoit au troisième quart. Il ne fait aucunemention des corrections devenues dès lors nécessaires, et dont Géminus parle. Il estétonnant qu’il n’attribue aux Athéniens que cette octaëtéride imparfaite, et que cepen-dant il se serve de la table de Dodwell, sur le cycle de Méton, toutes les fois qu’il veutramener une date attique au calendrier julien, sans considérer que la période de huitans est incommensurable avec celle de dix-neuf, et que par conséquent la sérié des moisintercalaires dans la dernière devoit être toute autre que dans la première, sans parlerde la différence dans la distribution des mois pleins et des mois caves.

Les Macédoniens seuls, à son avis, gardèrent l’année originelle de 354 jours quin’étoit réglée par aucne intercalation, et Alexandre l’introduisit dans tous les pays del’Asie qu’il avoit conquis. Il nomme cette année, dont le commencement parcouroittoujours peu à peu l’année julienne, l’égyptienne et l’attique, une année lunaire, et lesmois de 29 et de 3o jours alternativement, des mois lunaires, sans prendre garde quela véritable année lunaire contient 9 heures de plus que 354 jours, de manière qu’uneannée de 354 jours sans intercalation, ne peut pas s’accorder long-temps avec la lune.Mais les Macédoniens, comme tous les autres Grecs, avoient réellement des mois me-surés sur les phases de la lune. On le voit par la lettre de Philippe, un mois macédo-nien y est sans aucune restriction mis en parallèle avec un mois attique et corinthien jon le voit clairement encore par les trois observations citées plus haut de PAlma^este,et qui sont liées au calendrier macédonien. Nous avons vu que le I er apellæus com-mença dans l’an 245 au 24 novembre, le I er dius en a3y au 16 octobre, et le I er xan-thicus en 229 le 26 février au coucher du soleil. Les nouvelles lunes vraies qui y ré-pondent se firent, selon mon calcul, le i3 novembre à deux heures du matin, leJ5 octobre à onze heures du soir, et le 24 février à onze heures avant midi, tempsbabylonique. Si l’on considère maintenant que la première apparition du croissantdans le crépuscule du soir, avec laquelle doivent commencer les mois lunaires, ne semontre qu’un ou deux jours après la nouvelle lune vraie, on avouera que le calendriermacédonien étoit parfaitement en harmonie avec le ciel.

Les années que nous trouvons en usage chez différens peuples, sont disposées ousimplement d apres les phases de la lune, ou seulement par saisons, ou tout à la fois surces phases et ces saisons. Nous ne connoissons qu’un seul peuple qui se serve d’uneannée lunaire pure, ce sont les Arabes, de qui elle est passée à tous les autres maho-métans- mais ils intercaloient onze jours pendant une période de trente ans, pour fixerleurs fêtes à des phases toujours les memes. On ne conçoit pas comment une annéelunaire de 354 jours seulement a pu se maintenir dans l’usage commun. Si l’ignoranceen a pu créer quelque part une pareille, on dut bientôt penser à la corriger, quand onla vit, au bout de vingt ans, différer du ciel d’un quartier entier de lune.

Mais, dit M. Ghampollion, si nous donnons cette année aux Macédoniens, noustrouvons que les différens calendriers s’accordent partout d’une manière surprenante.

3