INTRODUCTION. xj
Ils ne pouvoient pas servir davantage aux Ecclésiastiques astronomes duBas-Empire à déterminer le véritable jour annuel de la fête de Pâques,puisque la précession dérangeant en chaque année le point de l’équinoxevernal, causoit une erreur inévitable, au bout de quelques années, ettoujours croissante de siècle en siècle relativement au quatorzième jour dela lune du printemps , et par conséquent au dimanche Pascal.
Argyre crut y remédier en changeant la forme des Tables de Ptoleméeet de Théon. Mais il ne pouvoit jamais y réussir, dans l’ignorance où ilétoit de la cause qui rendoit inutiles de son temps les Tables mêmes dePtolemée et de Théon. Ainsi tout ce qu’on peut remarquer dans les Tablesd’Argyre, c’est la première réduction des Tables Manuelles de Ptolemée etde Théon, à d’autres époques de temps et de lieu , puisqu’il les fait partirde l’an 6876 de la création, qui revient selon le calcul des Grecs à l’an i368de lere chrétienne, siècle où Argyre a vécu, et quilles ramène au Méri-dien de Constantinople. Ptolemée avoit déjà donné l’exemple d’unepareille réduction en transformant les ennéadécaëtérides ou tables de19 années, de sa grande astronomie, en icosipentaëtérides ou tables de2 5 années, et en taisant remonter de près de cinq siècles leur époqueradicale de la première année d’Àntonin à la mort d’Alexandre-le-Grand.J’ai dit : Ptolemée, pour me conformer au moine Isaac qui lui attribue cechangement avec les cinq chefs ou chapitres perdus; car il est possibleque Ptolemée et Théon aient rassemblé et réformé les Tables de Mouve-mens Célestes commencées avant eux par les astronomes que Philadelpheintroduisit dans son école d’Alexandrie, et que Ptolemée et Tliéon les aientcontinuées, comme elles l’ont été après eux, pour la formation des TablesPascales, dans l’école Chrétienne de Constantinople.
Pour cequi est de ces cinq chapitres ou chefs fondamentaux de ces Tables,il paroit d’après un fragment que je rapporte en noté, d’un anonyme, etque je tire du manuscrit 2397 •> qu’ik sont perdus, au moins en très-grande partie. Ce fragment, au reste, ne dit rien que de bien vague,neclaircit rien, et ne mérite pas d’être rapporté en entier.