XXX
PRÉFACE.
multitude, parviennent très-promptement à la célébrité. Cependant la gloire des inven-teurs dans les sciences, semble avoir un éclat plus fixe, plus imposant. Les vérités qu’ilsont découvertes circulent de siècle en siècle pour l’utilité de tous les hommes, sansêtre assujéties à la vicissitude des langues. Si leurs ouvrages cessent de servira l’ins-truction de la postérité, ils subsistent comme des monumens destinés à marquer,pour ainsi dire, la borne de l’esprit humain , à l’époque où ils ont paru (*) ».
Sous ce point de vue, n’y eût-il que la satisfaction de suivre l’astronomie dans sesaccroissemens, l’ouvrage de Ptolémée seroit toujours du petit nombre de ceux quiont fait époque dans la succession des siècles. Mais quand on pourroit lui appliquerce que l’auteur que je viens de citer dit de ceux d’Archimède et de Newton, «qu’on neles lit plus guères aujourd hui, parceque la science a passé le terme où ils l’avoientportée», il resteroit encore à l’ouvrage de Ptolémée un mérite particulier qui le sauveratoujours de l’oubli. Son système sera rejetté, ses méthodes seront oubliées, mais ilfaudra toujours avoir recours aux observations qu’il rapporte, aux dates qu’il leurdonne, aux époques qu’il marque pour les astres. Et quand l’astronomie pourroit s’enpasser, 1 histoire en auroit toujours besoin pour placer les événemens à leurs temps.Or ces époques , ces éclipses, ces phénomènes dont les dates sont si essentielles pourla chronologie, où les trouver, 6i ce n’est dans son ouvrage? Et puisqu’au nombredes services que ce livre peut toujours rendre, j’ai mis ceux que la chronologie enretire, je ne puis me défendre d’en donner ici un exemple en déterminant par avancepour la suite de cet ouvrage, lere de Nabonassar à laquelle Ptolémée rapporte toutesles observations dont il fait mention. «La correction de 8' dans le mouvement sé-culaire de l’anomalie de la lune, conclue de plusieurs observations comparées deLahire , Flamsteed , Bradley et Maskelyne, est la même qui résulte de cinquante-deux éclipses observées par les Chaldéens , les Gfecs et les Arabes, et confirmeles jo d 37' que Ptolémée a donnés pour l’élongation moyenne de la lune au soleil,à midi du a5 Février de l’an 746 avant lere chrétienne à Alexandrie, et à 2a heures8' 39" à Paris (**)». Lalande la fixe au 26 Février 7/17 av. J-C, suivant les chrono-logistes, ou 746, suivant la manière de compter employée par M. Cassini, et que j’aiadoptée dans mon astronomie, «dit-il (***)». En remontant par le mouvement ap-parent du soleil depuis le mouvement actuel jusqu’à l’époque assignée à cet astre parPtolémée, pour la première année de lere de Nabonassar, on trouve que cette ère a dûcommencer un mercredi (férié 4 e ) 26 Février de l’an 747 avant J-C. Les années dontelle est composée, sont des années vagues de 365 jours, sans intercalation à la 4 e an-née, de même que celles des anciens Égyptiens; ce qui produit, comme on l’a ditailleurs, une année de plus sur 1460 années juliennes. De là vient que Censorincompte à l’an 238 de lere chrétienne, 986 ans de l’ère de Nabonassar, quoiqu’il n’yait que 9 85 années juliennes (****). « Il ne peut y avoir de doute sur cette époque, avoitdit auparavant Lalande (*'***); car on trouve dans Ptolémée le lieu de toutes les pla-nètes pour le commencement de cette époque, et il ne peut y avoir qu’une seule année
(*) Discours sur la Fie et les Ouvrages de Pascal. (***) 2 Mèm. sur Merc. ( ***»*) Ibid.
(**) Fxp, du Système du Monde. (****) 4rt de vér. les dates, vol. 1 , 5 e éd.