XXXIX
PRÉFACE.
qui expriment les nombres sont placées par ordre de dixaines en croissant de droite àgauche, pour faire lire, de gauche à droite, les nombres les plus forts avant les plus
faibles. Ainsi, liv. IV, pour exprimer 161177 jours, il met Mapof, c’est-à-dire dix-six (16) myriades (ou 16 dix mille), un mille, cent, 70, 7 ; et dans le même endroit,
Oty '
M&J7F signifie 2132280, en représentant les dix mille par la lettre initiale M demyriade. Cette manière de compter lui est donc commune avec le calcul indien appelléLogistique dans les scholies qui sont en tète de quelques manuscrits grecs de laComposition de Ptolêmée. Soit qu’il vînt effectivement de l’Inde, soit qu’il eut étéprimitivement en usage chez les anciens grecs, ce calcul s’introduisit en Europed’abord par les Arabes, et ensuite soutenu du nom et de l’autorité de Sylvestre II,il y remplaça peu à peu les Abaques ^ue la numération romaine rendoit trop incom-modes pour les calculs d’astronomie. J’expliquerai dans une note à la fin de cet ou-vrage , la construction et les combinaisons de ces abaques, pour ne parler ici que desnombres exprimés dans la Composition de Ptolêmée.
Si la traduction latine de cette Composition, par Boëce, existoit encore, on yverrait comment il en avoit rendu dans la langue des Romains, les calculs arithmé-tiques. Faute de ce secours, nous sommes obligés de nous en tenir à la sphère et aucomput de Sacrobosco, où les nombres sont exprimés par des caractères que Montuclaa représentés dans son premier volume avec ceux de la géométrie de Boëce ; ce sont lesmêmes figures à peu près que celles qui se voient dans le manuscrit gothique 7258 del’ancienne version latine de l’arabe. Il se peut que Sacrobosco en ait pris ce qu’il a écritsur la sphère, car cette première version fut ordonnée par l’empereur Frédéric lorsqu’ilétoit à Naples, avant l’année 12 56 qui est celle de la mort de Sacrobosco, à moins qu’ilne l’ait emprunté des six premiers livres dont Christmann dit avoir vu une copielatine de l’an 1 14 °» transportée à Rome ensuite avec le reste de la bibliothèque pala-tine, et qui étoient peut-être un fragment de la version de Boëce. Il se peut aussi qu’ilait eu connoissance d’un autre manuscrit de l’an i 23 o que Weidler dit exister àOxford, et qui ne peut être qu’une copie de cette même version latine de l’arabe. Car« soit que 1 ' Ahnageste nous ait d’abord été apporté par les Sarrazins d’Espagne, lenombre des astronomes s’étant fort multiplié sous la protection des califes de Bagdad,soit qu’on en eût enlevé diverses copies du temps des croisades, lorsqu’on fit la con-quête de la Palestine (en 1100) sur les Sarrazins d’Égypte, il est certain que ce livrea été traduit d’arabe en latin, par ordre de l’empereur Frédéric II, vers l’an i 23 o del'ère chrétienne. Cette traduction étoit informe, et celles qu’on a faites depuis ne sont
pas non plus trop exactes.» Telle étoit celle que Christmann dit avoir vue à
Nuremberg, faite en i 346 par Gérard de Crémone, dont Régiomontan n’étoit nil’admirateur ni l’ami. Ces versions partielles ou totales de l 'Almageste, si elles ontréellement existé, sont demeurées inédites, et nous n’avons d’imprimée que celle dece temps-là qui fut ordonnée par ce grand prince. «L’empereur Frédéric II, ajoute
Cassini, voyant avec chagrin que les Chrétiens étoient privés de cet ouvrage quidonnoit tant d’avantages sur eux aux Mahométans, le fit traduire à Naples sur la