Ixvj PRÉFACE.
M. Bode, en 17g5, publia une version allemande (*) de la traduction française deMontignot. Il en avoit d’abord fait traduire les premiers chapitres sur le grecmême de Ptolémée, par M. Fischer. Mais cet helléniste qui n’étoit pas mathéma-ticien, quitta la partie; et M. Bode qui n’étoit pas helléniste, s’en chargea seul. Ila reconnu dans le français de Montignot, bien des fautes que j’ai marquées en notes.M. Bode y a ajouté de son propre travail, des explications, des corrections, le cataloguedes étoiles fixes calculé par lui-même et comparé à celui de Ptolémée, et une pro-jection stéréographique des deux hémisphères célestes pour ce catalogue, suivie d’unedescription et de quelques autres éclaircissemens dont j’ai su profiter pour ma traduc-tion qui est l’objet dont j’ai maintenant à rendre compte.
J’ai choisi parmi les manuscrits et les imprimés de la grande bibliothèque de Paris,ceux qui m’ont paru les plus convenables à l’exécution de mon projet. Le plus ancien, quiest en même temps le plus authentique, car Bouillaud le cite souvent et il le préfère àtous les autres, est en parchemin, de format in-folio, relié en bois couvert de maro-quin rouge, orné de dorures, et sous le numéro 238 q. Son écriture, d’une encre plusrousse que noire, est en lettres onciales carrées parfaitement semblables à celles desmanuscrits dont Montfaucon a donné des modèles, comme étant des 7 e et 8 e siècles(**).J’en ai fait graver et imposer le premier titre au-dessus de la table des chapitres,tel qu’il a été calqué sur l’écriture même du manuscrit; on voit par la forme des lettresde ce Specimen, et par les traits qui sont au-dessus, qu’il ressemble encore plus au mo-dèle (VIII) que présente la planche du chap. 16 de la diplomatique des Bénédictins (***).Le manuscrit d’où ce modèle est tiré, est jugé du sixième siècle par les religieux qui lecitent. On ne peut donc refuser douze à treize cents ans d’antiquité au manuscritde Ptolémée, dont j’ai fait la base de mon travail. C’est là du moins l’âge que lui fixenttous les caractères assignés dans le passage suivant par ces sa vans, aux manuscrits desseptième et huitième siècle, et qui sont réunis dans celui-ci: «Dans les écrits desanciens il n’y avoit originairement aucune division ni de chapitres, ni de paragraphes,ni d’articles, pas même de séparation de mots, excepté un point ou quelqu’autresigne équivalent qu’on mettoit entre les divers membres de la même période. C’estS. Jérome qui introduisit la sticliométrie ou distinction par versets, dans les manuscritsde l’Ecriture Sainte, pour en faciliter l’intelligence ; mais pour la distinction de chaquemot, elle ne fut bien établie qu’au 9 e siècle». Il n’y en a aussi aucune dans ce ma-nuscrit, si ce n’est au commencement pour les phrases. Il est composé de 5 o peaux etdemie de vélin, numérotées de huit en huit pages, en mêmes lettres numérales queles caractères de l’écriture du texte, et par la même main qui l’a exécutée, ce quifaisoit pour tout le manuscrit 4°4 pages. Mais il en a moins actuellement à causede quatre lacunes qui s’y trouvent, et dont trois sont remplies par une écrituremoderne très-menue qui occupe par conséquent moins de place que l’écriture an-tique. La première est entre les feuillets 68 et 69. On n y voit que la fin du chapitre
(*) Histor. Untersuch. über die astr. Beobacht , Berlin et Stettin , 1795, in- 8°.
(**) Palœograph. Grœc. , p. 21G et a 5 i. ( ¥ * ¥ ) Nouv . Traité de Diplomatique , tom. 1, pag. 6 s< 3 .