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Tome second.
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II
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Il

ESSAI

leva sur clés bases, déjà chancelantes sous le poidsdes factions, et au milieu des mouvements impé-tueux dune nation, devenue libre, sans avoir ac-cpiis les moeurs et les habitudes régulières de la li-berté.

Chaque époque, digne de mémoire, enfantelhomme qui lui convient. Cet homme apparaît àtous les regards comme un géant; il frappe les ima-ginations, et se place sur les hauteurs de la société;à sa voix, tout marche, tout se précipite dans laliberté ou dans la servitude. Ecoutons Mirabeau,sadressant en 1789, aux états de Provence :

« Dans tous les pays, dans tous les âges, les aris-« tocrates ont implacablement poursuivi les amis«du peuple; et si, par je ne sais quelle combinai-« son de la fortune, il sen est élevé quelqu'un dans« leur sein, cest celui- surtout quils ont frappé,« avides quils étaient dinspirer la terreur par le« choix de la victime'. Ainsi périt le dernier des« Gracques de la main des patriciens; mais, atteint« du coup mortel, il lança de la poussière vers le« ciel, et, de cette poussière, naquit Marius; Marius« moins grand pour avoir exterminé les (ambres« que pour avoir abattu dans Rome laristocratiea de la noblesse. »

A ces menaçantes paroles, la révolution recon-naît son orateur; elle ladopte, lui prête ses forces,et lui donne lempire de la tribune. Mirabeau com-prit létendue de sa mission, et y lut fidèle. La na-ture, aussi, lavait moulé pour le tribunat; lau-dace de son front, le sombre éclair de ses yeux,