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ESSAI
« davres ; nous n’avons pas d’autre nourriture à vous« offrir!... Vous frémissez, citoyens! O ma patrie,«je demande acte à mon tour des efforts que je« fais pour te sauver de cette crise déplorable. »
«Profitons,s’écriait-il dans uneautre conjoncture,«profitons des leçons de l’expérience! Nous pou-« vons bouleverser les empires par des victoires;« mais nous ne ferons de révolutions chez les peu-« pies que par le spectacle de notre bonheur. Nous«voulons renverser les trônes; prouvons que nous«savons être heureux avec une république! Si nos« principes se propagent avec tant de lenteur chez« les nations étrangères, c’est que leur éclat est ob-«scurci par des sophismes anarchiques, des mou-«vements tumultueux et surtout par un crêpe en-« sanglanté.
« Lorsquelespeuplesseprosternèrentpourla pre-« mière fois devant le soleil pour l’appeler père de« la nature, pensez-vous qu’il fût voilé par ces nuages« destructeurs qui portent les tempêtes? Non, sans« doute, brillant de gloire il s’avançait alors dans« l’immensité de l’espace, et répandait su r l’univers« la fécondité et la lumière.
«Hé bien! dissipons par notre fermeté ces nua-« ges qui enveloppent notre horizon politique! fou-«droyons l’anarchie, non moins ennemie de la li-«berté que le despotisme! fondons la liberté sur« les lois et une sage constitution ! Bientôt vous ver-« rez les trônes s’écrouler, les sceptres se briser ; et« les peuples, étendant leurs bras vers vous, procla-« mer par des cris de joie la fraternité universelle! »