XXVI
ESSAI
ce qui est la même chose, le despotisme, ne seraitdéfinitivement vaincu que par cette alliance.il s’estretranché dans la charte nationale et royale, commeun général habile dans une forteresse assiégée. Se-condé par quelques braves, il en a défendu lesapproches avec une infatigable fermeté : quand labrèche a été faite par les dernières lois sur les élec-tions et la septennalité, il a été debout sur la brè-che , ralliant à sa voix éloquente tous les amis dela liberté.
On se rappelle l’impression profonde que pro-duisirent ses premières paroles, dans les débatssur la réduction du traitement de la Légion-d’Hon-neur.
« Pendant un quart de siècle, dit-il, presque tous« nos citoyens ont été soldats : depuis la paix , nos«soldats sont redevenus citoyens. Souvenirs, sen-« timents, espérances, tout fut, tout est resté com-te mun entre la masse du peuple et notre vieille«armée. Aussi les paroles qui s’élèvent de cette«tribune, pour consoler de nobles misères , sont-« elles recueillies avec avidité jusque dans les« moindres hameaux : il y a de l’écho en France ,« quand on prononce ici les noms d’honneur et de« patrie. »
Après une discussion entraînante et irrésistible ;après avoir dit que la réduction du traitement ré-duit à l’aumône un grand nombre de légionnaires,l’orateur s’écrie :
«Oui, messieurs, à l’aumône! Qui de nous n’a« pas vu des hommes, naguère ennoblis par le com-