Band 
Tome second.
Seite
110
JPEG-Download
 

I IO DISCOURS ET OPINIONS.

du io mars 1818 prend le militaire à son entrée auservice, et le conduit jusquau grade le plus élevé.Alors même que cette loi ne serait pas violée pourles sous-officiers, et quils seraient parvenus augrade dofficier, ils nen seraient pas moins expo-sés à larbitraire qui sexerce également sur ceux-ci. Ne voient-ils pas clairement quils sont arrêtésdans leur carrière, quils ne peuvent pas comptersur la protection de la loi? Larbitraire est dansles grades supérieurs; car cest bien larbitraire,que la mesure désastreuse par laquelle M. le mar-quis de Latour-Maubourg a renvoyé en préten-dus congés illimités plus de deux mille officiers delarmée, appartenant presque tous à la classe dessous-officiers. Croyez-vous que les sous-officiers nele sachent pas? et que pensez-vous quils doiventen conclure ? Croyez-vous que le sous-officier nese dit pas à lui-même : quand je serai devenu sous-officier, on me chassera de la même manière ? Est-ce quil na pas cet avenir devant les yeux? Est-ceque larbitraire ne mène pas à des considérationsde cette nature ? Il y avait en 1818 et en 181 g ordreet tendance au bien dans toutes les parties du ser-vice militaire ; quand le désordre est-il venu? Cestavec larbitraire. On cite tous les jours dans lesjournaux des faits dont je ne puis apprécier la vé-rité; on parle de révoltes, dinsurrections ; on cite,par exemple, le général Berton, qui a armé despaysans, et qui a marché contre lautorité légale.Ce général, savez-vous comment on lavait traité?Cela sans doute ne le justifie pas, mais donne des