DISCOURS ET OPINIONS.
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secret des lettres ait été violé; mais il a ajouté quecette mesüre pouvait être prise dans le cas d’unintérêt général décisif. Ce sont ses propres expres-sions. En supposant donc que cet intérêt généraldécisif existât, le gouvernement aurait, d’après ladoctrine ministérielle, le droit de violer la corres-pondance des particuliers. Mais le gouvernementse reconnaît juge et seul juge de tout ce qui estintérêt général et décisif. Faudra-t-il en conclureque dans le gouvernement réside le pouvoir et ledroit d’ouvrir nos lettres à sa volonté et sans quenul puisse être repris ou poursuivi pour ce méfait?
C’est chose reconnue et avérée, que pendantplusieurs années, en France , le secret des lettresa été violé par ceux à qui est confié le soin de lesfaire arriver à leur destination. Tout le mondefait aujourd’hui le même reproche à l’administra-tion actuelle. Le ministère a un môyen bien simplede se laver du reproche s’il n’est pas mérité. C’est desupprimer le directeur-général des postes, et dele remplacer par une administration collective.Ayez plusieurs membres égaux en droits pour ré-gir cette administration ; et alors des menées depolice, des opérations occultes, illégales, 11e serontplus possibles. Alors la confiance publique et lamorale seront rassurées contre cet ignoble abusdu pouvoir.
J’entends murmurer dans les bancs de la droite
que ce sera un petit comité de salut public. Il
n’est pas question, messieurs, du comité de salutpublic, mais de l’administration des postes. N’est-