Band 
Tome second.
Seite
139
JPEG-Download
 

CHAMBRE DES DÉPUTÉS. l8l1. I 3q

foncières y sont sans valeur ; quon ny paie pas sesdettes; que, partant, il ny a pas de crédit, et quesur les habitations, les planteurs ne tarderont pasà suspendre les travaux, et à dire à leurs esclaves :Faites des vivres pour vous nourrir!

Le malaise est réel; il est immense; mais ce nestpas tout. Telle est sa cause et telle est sa nature,que nous sommes condamnés, si les choses suiventleur cours naturel, à le voir saccroître indéfini-ment.

En effet, ce nest pas le défaut dactivité ou din-dustrie qui a amené la détresse des colons ; ce nesont pas non plus les exigeances ou l'oppression dela métropole; le mal a son origine hors du texte denotre législation, et par-delà les limites de notrepuissance.

On ne cultivait la canne à sucre, il y a quaranteans, que sur quelques points privilégiés. On la cul-tive aujourdhui dans dimmenses continents; onla cultivera bientôt dans toute la portion du globecomprise entre les tropiques. Telle contrée de l mérique ou de lAsie , la Cochinchine , par exemple,en produirait sans efforts de quoi suffire à la con-sommation de lEurope entière.

Connaissez-vous un moyen dépargner à ce quinous reste de colonies, les inconvénients et lesdangers dune concurrence si illimitée ?... Non, mes-sieurs. Un sol rétréci, un sol vieilli par de longueset hâtives cultures ne peut le disputer en fécon-dité à dimmenses espaces de terres vierges etavides de produire.