CHAMBRE DES DÉPUTÉS. I 82 5. 4^7
nent les esprits en suspens, et compromettent gra-vement les intérêts de notre pays.
Dès la session de 1819, le gouvernement a de-mandé et les chambres ont accordé des fonds pourl’établissement de consulats dans l’Amérique méri-dionale. Alors il y avait encore une Espagne sur lecontinent de l’Europe ; alors la cour de Madrid pou-vait faire et faisait en effet des sacrifices d’hommeset d’argent pour reconquérir une domination usée;alors son vaste empire colonial 11e lui avait paséchappé tout entier, et il restait par-delà les mersdes points de ralliement et de résistance pour lespartisans de la métropole. Cependant notre gou-vernement ne craignait pas d’encourager et de lé-gitimer les rapports que le commerce français pourrait ouvrir avec des peuples qui n’avaient pasachevé le grand œuvre de leur émancipation. Leministre de la marine donnait l’assurance que là,comme ailleurs, nos vaisseaux marchands trouve-raient, de la part des escadres du roi, appui con-stant et défense au besoin. Fallait-il davantage pourdiriger l’ardeur des Français vers une carrière nou-velle, si utile dès à présent, et si riche d’avenir?Les peuples d’ailleurs nous appelaient à eux; ilsnous appelaient à cause de la conformité de reli-gion et de quelque sympathie dans les habitudes;ils nous appelaient par une prédilection marquéepour notre langue, notre littérature et nos arts;ils nous appelaient par l’instinct d’une civilisationmoulée sur notre propre civilisation.
L’appel a été entendu; quelques expéditions sont
3 o.