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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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ALGÉRIE . 107

» nalité de terroir dans la politique, dans la littérature païenne ou reli-» gicusc; les Africains Scptimc-Sévère, Fronton, Apulée , Tertullien ,» Augustin, forment une race à part. » Il est vrai d'ajouter que cette civi-lisation était plus brillante que solide; les riches propriétaires ne for-maient qu'une infinie minorité. La Mauritanie et tes districts montagneuxne se façonnèrent jamais à l'obéissance aux lois de Rome ; les révoltesétaient continuelles. Apres Constantin et l'introduction du christianisme,les querelles religieuses sajoutèrent aux haines sociales; une véritablejacquerie éclat i dans ta Kabylie actuelle, sous la direction de Firmus , queThéodose mit trois ans à vaincre (374). La trahison du comte Boniface livraau roi des Vandales, Gcnséric, toute lAfrique du Nord (429).

LAfriqu3 sous les Vandales et les empereurs grecs.Les Vandales y fondèrent un empire redoutable qui dura plus d'un siècle(429-543) : leur capitale fut Carthage, que les Romains avaient jadis rebâtieet repeuplée, et qui disputait à Alexandrie le second rang dans l'empire.Après avoir couvert le pays de ruines, tes Vandales, qui étaient moins unenalion qu'une armée, amollis sous le climat de l'Afrique , perdirent peuà peu leurs vertus militaires, et empruntèrent aux vaincus leurs vices.Gélimer abandonna Carthage à Bélisaire , et fut vaincu et pris dans l'Edongh.

Justinien réorganisa l'Afrique ; à la tyrannie vandale succéda la domi-nation gréco-byzantine. On travailla à relever les forteresses, à relnUir lesvilles; on y employa pêle-mêle la pierre et le marbre des temples, desstatues, des anciens édifices détruits et gisants. « On peut voir de ces» étranges bâtisses à Madanre, à Téhessa, à Tliamgad. La restauration» byzantine est tout entière, reconstruction informe ébauchée avec les» dèhris du passé. « (M. Wahl). Mais cette tentative nétait pas viable. Lestribus nomades de la montagne et du désert détruisirent tous les établis-sements nouveaux, et usèrent l'une après l'autre, par des incursionssans cesse répétées, les armées grecques des successeurs de Itélisaire. Lepays fut effroyablement dévasté, les collecteurs d'impôts complétèrent l'œuvredes hordes africaines : tes populations romaines émigrèrent en masse,l'rocope dit que sous le règne de Justinien , l'Afrique perdit 5 millionsdhabitants; un voyageur pouvait marcher des journées entières sans ren-contrer personne. ' Des (190 évêchés do lépoque romaine, 217 seulementsubsistaient encore.

LAfrique sous les Arabes. Quatre-vingts ans après la mort deJustinien , en 045, les Arabes , maitres de l'Egypte , foulaient le sol duMaghreb . L'empire grec était incapable de défendre ses possessionslointaines : Abdallah vainquit le patrice Grégoire, gouverneur de l'Afrique ,sous les murs de Tripoli , qui capitula (647). En 653, les Arabes étaientsous Tunis . Le plus fameux de leurs chefs, Sidi-Okba, fonda la place deguerre de Kaïrouan , et senfonça dans le désert pour soumettre Ghadamès ,et les oasis du Fezzan et des' Ziban. Ce chef, poussé par un fanatismesauvage, traversa l'épée à la main tout le Maghreb , et ne s'arrêta que la terre manqua sous les pieds de son cheval. Au retour, il périt dansla guerre contre les llerbères. Sous ses successeurs, la lutte continuafurieuse entre les indigènes et les envahisseurs. Carthage fut de nouveaudétruite de fond en comble. Les Berbères, qui étaient chrétiens, se conver-tirent rapidement à lislamisme; mais dans l'islamisme, les schismes écla-tèrent. Le Maghreb se sépara du Khalifat de Cordoue ; et la dynastie desAglabites établit son siège à Kaïrouan , celle des Edrisites à Fez . L'Afrique du Nord fut sans cesse en proie aux ambitions et au fanatisme des chefs.En 1070, la dynastie des Edrisites disparaît, et fait place à celle des Almo-

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