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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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ALGÉRIE . 117

surplace, sétait livrée à une minutieuse enquête. Elle jugea sévèrementl'administration de Savary, mais décida que « lhonneur et l'intérêt de laFrance lui commandaient de conserver ses possessions sur la côte septen-trionale de lAfrique 1 . » Une ordonnance royale du 22 juillet 1834 confia lecommandement général et ladministration à un gouverneur général relevantde la direction du ministre de la guerre : elle subordonna le commandementdes troupes à lautorité du gouverneur général: elle donnaitdes chefs spéciauxaux divers services; elle appelait la Régence dAlger Possessions françaisesdans le nord de lAfrique . Il était temps den finir avec le système de la po-litique an jour le jour: malheureusement, le premier gouverneur généralchoisi manqua de fermeté et dactivité. Ce fut le comte Drouet dÈrlon,illustré dans les batailles de l'empire, mais qui avait alors 70 ans. Déplus,Abd-el-Kader venait de se lever contre la France .

Abd-el-Kader . Ici souvre la deuxième période de la conquête delAlgérie ; la lutte contre le plus redoutable ennemi que la France ait rencontrédans lAfrique . De 1830 à 1834, lOdjak avait été vaincu et sa dominationdétruite, mais lOdjalc était dessence et dorigine turques, et navait jamaissoumis complètement à son joug ni les Arabes ni les Berbères. Ceux-ci nadmirent pas pins lobéissance aux généraux français quaux pa-chas orientaux; ils ladmirent moins encore, La France en effet introduisaitchez eux la civilisation chrétienne; le fanatisme musulman sarma contrelévangile, et les haines religieuses doublèrent la résistance des nationalités.Tous les groupes épars des indigènes, familles ou tribus, Berbères ouKabyles, au nom de la loi du Djehad ou guerre sainte, se réunirent contrela France , et le génie dAbd-el-Kader qui se présentait à eux comme le Mairiede lIIeure, sut pendant quatorze ans les maintenir fidèles sous son com-mandement.

Abd-el-Kader était en 1806, près de Mascara. Son père, Sidi-EI-Hailj-el-Maheddin, de la tribu des Hachem, descendant des anciens Kalilesfatimites, était un marabout vénéré. Il présenta son fils comme un chef auxtribus livrées à lanarchie après l'invasion française , et prêcha en mêmetemps la guerre aux chrétiens et la reconstitution d'un grand état arabe.Les tribus de Mascara proclamèrent émir le fils de Maheddin. Il avait fait lepèlerinage de la Mecque , il avait étudié à fond le Coran , il était lettré etéloquent. Sa mâle beauté, la finesse de ses traits, léclat de ses yeux, l'élé-gance de son atlitnde, la gravité de sa tenue, lardeuî affectée de sa dévo-tion, son habileté et sa grâce dans les exercices du corps, sa bravoure et safougue souvent calculées dans les combats et les fantasias, furent les qua-lités par il séduisit les tribus. Plus dun chef refusa dabord de le re-connaître : les jalousies et les rivalités éclatèrent jusque dans sa proprefamille. Même aux jours de linfortune, on vit des conspirations se formercontre lui. 11 réussit à en triompher, et les Français ne surent pas les mettreà profit. Prophète et capitaine, on a dit de lui avec raison que si sa loiétait sincère, son ambition était immense. Il était croyant et politique toutensemble ; dans les Français , il combattit des chrétiens ennemis de sa foi,et surtout des conquérants rivaux des projets de domination quil rêvait. Ilmit dailleurs au service de sa cause un talent dorganisation admirable,une diplomatie semée de ruses, une activité infatigable, un coup d'œil sûr,et suivant les circonstances, tantôt une courtoisie chevaleresque, une dé-

fi Cette commission sc composait de MM. îo lieutenant-général Bonnet, dEau-bcrsaërt, de la Pinsonnière, Piscatory, Renard et Laurence.