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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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132 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

et dépouilla à Az'rou les Beni-Abbas, tandis que Bedeau occupait Sélif. LesKabyles, contraints de payer l'impôt, saisirent toutes les occasions de ven-geance.

En 1SS0, un certain Bou-Bagla (l'homme à la mule), ancien forçat libéré,se donna pour marabout et souleva la Kabylie . Pélissier, Camou et Bosquetdévastèrent la grande Kabvlic, Saint-Arnaud la petite, mais sans les dompter.Il fallut recommencer la campagne en 1852, 1853, 185-1 contre les tribusZououas : Bou-Iiagla fut tué. En 1857, les Beni-Iraten se soulevèrent de nou-veau. Le gouverneur général Randon rassembla trente-cinq mille hommesde troupes régulières; et les colonnes, sous les généraux Mac-Mahon , Re­ nault , Yousouf, réunies au pied du Djurjura, en escaladèrent les sommets.La plupart des tribus demandèrent l'aman ; celle des Beni-Menguiilet, re-tranchée sur le plateau d'Icheriden, engagea avec la division de Mac-Mahonun sanglant combat. Ce fut une des dernières rencontres. Les Kabyles li-vrèrent des otages et payèrent la contribution de guerre; on leur laissaleurs institutions municipales; des routes militaires furent ouvertes dansleurs montagnes, et le fort Napoléon (aujourd'hui fort National), bâti encinq mois sur le plateau de Souk-el-Arba, chez les Beni-Iraten, renditdésormais toulc révolte vaine, et acheva de décourager les résistances.

Les insurrections du sud oranais. Mais la France nen avaitfini ni avec la Kabylie ni avec le sud oranais. Le partage des territoires fixépar le traité de Tanger avait mécontenté les tribus de la frontière maro-caine : en 1S39, les Angad prirent les armes et opérèrent des razzias surle territoire français . Le général Durrieu les châtia. Les Beni-Guil furentà leur tour rançonnés. Mais bientôt le danger vint des tribus du sud qu'onpouvait croire ralliées à la cause française . Le KhalifaSi'-tfamza, des Oulad-Sidi-Cheikh, avait été investi du commandement de la région du sud-ouestdepuis Géryville jusquà Ouargla . Sans cesser ses relations avec les réfugiésmarocains, nos ennemis, il ne reprit pas les armes contre nous et se battitdans nos rangs. Son fils ainé et successeur, Si-Bou-Becker, servit la France avec fidélité. Mais il mourut bientôt. Son héritage passa au deuxième filsde Si-IIamza, Si-Sliman. Celui-ci n'aimait pas les Français ; il était fier,ombrageux, vindicatif. Un de ses secrétaires ayant été condamné à la bas-tonnade par le bureau arabe, Si-Sliman protesta vivement. On le menaçade la même peine, il reçut même un soufflet. Poussé par son oncle Si-Lala,il fit défection et marcha sur Géryville. Le colonel Beanprétre, envoyécontre lui, se laissa surprendre à la fontaine dAïn-Bou-Beeker. Si-Slimanblessa le colonel et fut tué par lui d'un coup de pistolet. Mais Beauprètreet les cent hommes de son escorte furent massacres. Le frère de Si-SlimanSi-Mohammeel-Ben-lIamza, dirigea la révolte. Le maréchal Pélissier, alorsgouverneur de lAlgérie , organisa une expédition. Déjà linsurrection sétaitrépandue dans les tribus du Djebel-Amour et jusque dans le Tell; la bel-liqueuse tribu des Flittas se joignit aux Ouïad-Sidi-Cheikh. Le généralIleligny détruisit la capitale de cette tribu, le ksar de Stiltteu; les Flittas,vaincus aussi, demandèrent laman. Léchec du général Jolivet à El-Beïda(1864) rendit aux Oulad-Sidi-Cheikh leur audace. Mohammed fut tué dansune rencontre, mais Si-Lala continua la campagne, appuyé par les contin-gents marocains de la frontière. Le maréchal de Mac-Mahon, gouverneurgénéral, après de longs tâtonnements, chargea Wimpfen de les poursuivre.Celui-ci, ayant sous ses ordres le général Clmnzy, les écrasa à El-Bahariat,et dans le ksar dAïn-Chair. Les "tribus dissidentes mirent bas les armes(avril 1870).

La nouvelle de nos désastres en 1870 leur rendit lespoir. Ralliés sous