les ordres d’un nouveau chef, Si-Kuddour-Ben-IIamza, ils osèrent pénétrerdans le Tell, d'où le général Osmont les repoussa. A la suite du combatde Mégoub (23 décembre 1871), Si-Kaddour et Si-Lala s'enfuirent presqueseuls et attendirent l'occasion de renouveler la guerre.
Nouvelle révolte de la Kabylie : El-Mokrani . — Elle netarda pas. A la nouvelle des défaites de la France , et des déchirements dela guerre civile succédant à la guerre étrangère, les Kabyles s’étaient ré-voltés (avril 1871). Le bach-agha de la Medjana, El-Mokrani , jadis comblédes faveurs impériales, commandeur de la Légion d’honneur et pensionnépar la France , se mit à leur tête. Il avait à se plaindre de l’insolence desbureaux arabes, qui n’avaient pas assez ménagé son orgueil, et il comptaitsur la guerre pour payer ses dettes, gagner une immense fortune et mener,1a vie de grand seigneur qu’il rêvait. Les insurgés, au nombre de trois'mille, saccagèrent Bordj-Bou-Arreridj , investirent les forts de la Kabylie ,incendièrent les fermes, massacrèrent les colons. Palestro fut anéanti, seshabitants brûlés vifs. Sans le colonel Fourchault, qui avec une poignée desoldats de la ligne, de mobilisés et de francs-tireurs, réussit à les arrêterà l’Alma, la Métidja était dévastée et Alger elle-même bloquée. Le généralSaussier organisa une colonne dans la province de Constantine , le colonelCerez une autre dans celle d’Alger . Cerez rencontra l’armée de Mokrani près d’Aumale : le bach-agha fut tué d’une balle. L’insurrection fut étoufféedans l’est, grâce aux généraux Saussier et de Lacroix qui vainquirentBou-Mezrag, frère et successeur d’El-Mokrani, au combat de Bou-Thaleb, etrejetèrent les derniers insurgés dans le désert. La Kabylie eut à payerd’énormes contributions de guerre, elle perdit certains privilèges; unegrande partie des terres fut séquestrée et affectée à la colonisation étran-gère. Les révoltes partielles i'El-Amri en 1876, et de l’Aurès en 1879furent facilement châtiées.
Nouvelles révoltes du sud oranais; les Oulad-Sidi-Cheikh.
— Le sud-ouest n’est point encore pacifié. En 1880, un nouveau marabout,Bou-Amama, s’est levé contre la France au sud de Géryville ; ce person-nage, dont le vrai nom est Mohammed-bel-Arbi, est sujet marocain , né àFiguig , en 1840, dans le ksar de Hammam-Fougani. Son bisaïeul, Sidi-Brahim-ben-Tadj, avait la réputation d’un saint et d’un faiseur de miracles.A sa mort, les tribus lui élevèrent une Koubba. Son petit-fils, Bou-Amama,fit valoir cet héritage. Il s’adonna à la pratique de la prestidigitation et dela ventriloquie, et réussit à se faire passer dans les tribus Gharaba commedoué d’une puissance surnaturelle. En 1873, il quitta Figuig et vints’établir à Moghar-el-Tahtani avec sa famille. Il y fonda une zaouïa, yétendit son influence, favorisa les projets de rébellion contre la France , etprovoqua même dans les tribus nomades des insurrections ouvertes. Leslieutenants de Castries, en 1880, et de Manières, en 1881, signalèrentles progrès dangereux de cette influence hostile et les symptômes dufanatisme musulman prêt à faire explosion. Le signal partait des zaouïasd’Orient, et le sud oranais était désigné comme le premier théâtre de laguerre sainte. Les agents ou mokkadems de Bou-Amama parcoururent lestribus soumises à la France et prêchèrent la révolte. Un officier du bureauarabe de Géryville, M. Weinbrenner, fut chargé de les saisir : il se mit àleur poursuite et fut massacré le 22 avril avec son escorte presque toutentière. Alors commencèrent les défections de nos tribus indigènes. ABou-Amama se joignirent les Trafis, les Amour, les Cheurfa, des Beni-Guil, etc., plusieurs goums refusèrent de marcher contre l’ennemi, et pas-sèrent de son côté. Une colonne de huit cents chevaux lancée sur la